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Guillaume Apollinaire

 

 

Guillaume de Kostrowitzky, dit Guillaume Apollinaire, est né à Rome le 26 août 1880 d'une mère polonaise et d'un père sicilien. En 1885, le père abandonne sa famille qui va s'installer à Monaco. En compagnie de son petit frère Albert né en 1882, Guillaume va faire ses études à Monaco, Cannes puis Nice. Il est bon élève en rhétorique mais n'obtient pas son baccalauréat. En janvier 1899, sa famille s'installe à Paris, après des séjours à Aix-les-Bains et à Lyon. De juillet à octobre, les deux frères sont à Stavelot, dans les Ardennes belges, non loin de Spa où leur mère cherche la fortune. Guillaume découvre un pays nouveau, s'intéresse aux légendes et aux particularités locales, s'initie au wallon, conte fleurette à Marie Dubois et écrit beaucoup. À l'instigation de leur mère rentrée à Paris, ils quittent tous deux Stavelot en cachette sans payer l'hôtel. Tout en cherchant à gagner sa vie, Guillaume fréquente les bibliothèques parisiennes et travaille intensément. Au printemps 1901, il vit une déconvenue sentimentale auprès de Linda, la sœur de son ami Ferdinand Molina da Silva. En août, il accompagne en Allemagne, avec un contrat d'un an, la famille de la petite Gabrielle de Milhau, dont il est le précepteur depuis le mois de mai. Il séjourne sur la rive droite du Rhin. Dès les premières semaines de son arrivée, il écrit de nombreux poèmes et des textes en prose et tombe amoureux de la miss de son élève, la blonde anglaise Annie Playden. En septembre, ses premiers poèmes sont imprimés.

En 1902, il fait un long voyage en Europe Centrale : Berlin, Dresde, Prague, Vienne, Munich et l'Allemagne du Sud. Il collabore régulièrement à la revue L'Hérésiarque jusqu'à sa disparition en 1903. En août, son séjour en Allemagne prend fin. Annie Playden le repousse, il souffre de son refus. En octobre, de retour à Paris, il est employé dans une banque. Plein de projets littéraires, il collabore à la revue L'Européen. Il fréquente en 1903 les soirées de La Plume où il y rencontre Alfred Jarry et André Salmon. Fin novembre, il crée avec quelques amis une revue, Festin d'Ésope, qui paraîtra régulièrement chaque mois jusqu'en août 1914. Il entreprend en fin d'année un voyage à Londres dans l'intention de reconquérir Annie Playden qui ne se laisse pas fléchir. En 1904, il rompra définitivement avec elle. Elle part pour l'Amérique. Il rencontre Max Jacob et Picasso en 1905 et collabore à la revue Vers et prose. Il s'installe à Paris en 1907 et rencontre Marie Laurencin qui posa jusqu'au dernier jour, absolument sans pudeur, mais se couvrant de ridicule aux yeux des amis du poète (Cendrars, in Trop c'est trop). Il vit à présent de sa plume et a une intense activité journalistique. Il commence aussi sa collaboration à la revue La Phalange qui durera jusqu'en avril 1909. Année où il s'installe à Auteuil et commence à publier des articles bientôt suivis de poèmes qu'il signe Louise Lalanne. En septembre 1911, il est incarcéré à la Santé sous l'inculpation de recel dans l'affaire des statuettes volées au Louvre par Géry Pieret, qui avait été déclenchée par le vol de la Joconde. L'année suivante, Marie Laurencin l'abandonne et refuse toute réconciliation. Il subit une grave crise morale et sentimentale. Il quitte Auteuil en 1913 pour le boulevard Saint-Germain, s'intéresse de plus en plus à l'avant-garde littéraire et artistique.

En 1914, Apollinaire est à Nice où il a suivi son ami Siégler-Pascal. S'il n'a pas renoncé à s'engager, comme il en avait manifesté l'intention dès les premiers jours de la guerre, il se laisse séduire par la vie oisive de la Côte d'Azur et la société d'amis, anciens et nouveaux, qu'il y rencontre. Il a notamment fait la connaissance d'une jeune femme dont la personnalité l'a sur-le-champ fasciné. C'est Louise de Coligny-Châtillon (Lou) qu'André Rouveyre a décrite « spirituelle, dégagée, frivole, impétueuse, puérile, sensible, insaisissable, énervée, un peu éperdue en quelque sorte ». Sa naissance, son élégance lui en imposent, comme l'intrigue sa conduite : « mutine et langoureuse à la fois », avec ses « grands et beaux yeux de biche », ne semble-t-elle pas lui offrir son mystère ? À ses avances, elle répond par des acceptations, voire des provocations et des dérobades subites qu'il ne s'explique pas, entretenant entre eux une complicité troublante. Son attente s'exaspère chaque jour où, après une rebuffade qu'il croit définitive, il reprend les démarches en vue de son engagement et reçoit une affectation pour le 38e régiment d'artillerie à Nîmes, qu'il rejoint le 6 décembre. Jusqu'alors, elle avait repoussé ses avances mais avec une coquetterie ambiguë, elle va le retrouver le lendemain et passer une semaine avec lui. Brave de femme qui voit lui échapper celui qu'elle croyait soumis ? Attachement sincère pour un homme dont elle a éprouvé l'amour ? Pendant huit jours il connaît auprès d'elle une passion déchaînée, d'un érotisme raffiné et violent, et se met aisément à l'unisson d'une compagne difficilement satisfaite, qu'il s'imagine avoir réduite à son pouvoir. Il ne la revoit que deux fois, au cours de brèves permissions à Nice en janvier. Il voudrait que Lou vienne s'installer auprès de lui à Nîmes, mais se heurte à ses atermoiements répétés, trop attachée qu'elle est à l'existence facile qu'elle mène à Nice, et aussi retenue par une autre liaison. Une liaison qu'elle n'a pas cachée à Apollinaire, avec celui qui, dans les lettres et les poèmes est appelé Toutou. Pendant deux mois, il vit sur l'espoir, toujours déçu, de l'arrivée de sa maîtresse, puis il perd peu à peu ses illusions. Une dernière entrevue ne lui en laisse plus aucune et plus rien ne le retient à Nîmes et il part volontaire pour le front en avril.

En 1915, il poursuit sa formation militaire. Il est déçu par Lou qui le laisse sans espoir malgré ses nombreuses lettres et poèmes (Poèmes à Lou). Ils continueront néanmoins de s'écrire jusqu'en 1916. «On peut lire de la même main d'Apollinaire une première esquisse intitulée Ombre de mon amour. C'est une ébauche. C'est le début avorté d'une correspondance entreprise à l'instigation des Lettres à l'Amazone de Remy de Gourmont, son maître et son patron. Guillaume Apollinaire n'avait pas le respect de la poésie de ses amis qu'il foulait volontiers aux pieds, surtout devant les femmes qu'il désirait émerveiller et séduire. Le "Mal-Aimé" était coutumier du fait. Honni soit qui mal y pense! » (Cendrars, in Trop c'est trop) En avril 1915, il part pour la Champagne où il est nommé brigadier quelques jours après son arrivée sur le front. Il écrit à Madeleine Pages, une jeune fille rencontrée dans un train. C'est le début d'une correspondance qui prendra rapidement un tour tendre. Il demande à sa mère la main de sa fille et est déclaré son fiancé. Nommé maréchal des logis, il est muté dans l'infanterie sur sa demande et obtient le grade de sous-lieutenant. En 1916, blessé à la tempe par un éclat d'obus, il est trépané. Il se remet lentement des suites de sa blessure et reparaît en fin d'année dans les milieux littéraires.

En mai 1918, il se marie avec Jacqueline Kolb, « la jolie rousse ». Mais atteint par la grippe espagnole, il meurt le 9 novembre 1918.

 

Bibliographie

Oeuvres poétiques

  • Le Bestiaire (1911)
  • Alcools (1913)
  • Vitam Impendere Amori (1917)
  • Calligrammes (1918)
  • Il y a (1925)
  • Poèmes à la Marraine (1948)
  • Le Guetteur mélancolique (1952)
  • Poèmes à Madeleine (1952)
  • Poèmes à Lou (1955)

Fiction

  • L'Enchanteur pourrissant (1909)
  • L'Hérésiarque et Cie (1910)
  • Le Poète assassiné (1916)
  • La Femme assise (publié en 1920)
  • L'Histoire romanesque (1914 à 1918): La Fin de Babylone , Les Trois Don Juan, La Femme blanche des Hohenzollern.

Théâtre

  • Les Mamelles de Tirésias (1917)
  • Couleur du temps (1918)
  • Casanova (publié en 1952)
  • En collaboration avec André Salmon: Jean-Jacques, La Température, Le Marchand d'anchois.

Cinéma

  • La Bréhatine (1917)
  • C'est un oiseau qui vient de France (inachevé)

Textes érotiques

  • Les Onze mille verges (édition non signée et non datée 1906-1907)
  • Les Exploits d'un jeune Don Juan (1911)

 


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