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Beaumarchais

 

 

Pierre-Augustin Caron, né à Paris le 24 janvier 1732, est issu d’une famille de modestes horlogers. Il quitte le lycée à l’âge de treize ans. Apprenti dans l’atelier de son père, il invente un procédé « d’échappement » de montre en 1753. L’année suivante un rival tente de lui dérober son invention. L’Académie des sciences lui donne gain de cause. Sa réputation le fait admettre à la cour. C’est ainsi qu’il devient successivement contrôleur d’office, maître de harpe des filles du roi et qu’il s’initie sous la conduite éclairée du financier de la Cour, Pâris-Duverney, au monde de l’intrigue et de l’argent.

En 1761, Il achète une charge qui l’anoblit, la « lieutenance générale des chasses aux bailliage et capitainerie de la Varenne du Louvre. » Pierre-Augustin Caron devient M. de Beaumarchais.

En 1764, mandataire de Joseph Pâris-Duverney, il négocie des marchés à Madrid auprès du gouvernement espagnol. De retour à Paris, il songe au théâtre et donne successivement deux pièces qui n’obtiennent qu’un faible succès.

Le 17 Juillet 1770, le financier Pâris-Duverney meurt et les dispositions prises dans son testament en faveur de Beaumarchais sont contestées par le comte de La Blache, son légataire universel. Un procès s'ensuit. En avril 1773, un juge rapporteur est désigné, le conseiller Goëzman. La femme de ce dernier reçoit cent louis de Beaumarchais pour favoriser une audience, mais ne lui en rend que quatre-vingt-cinq. Beaumarchais n’hésite pas à porter plainte contre le juge pour corruption. Goëzman est condamné, son épouse est blâmée pour déchéance civique, Beaumarchais aussi. Désireux de se faire oublier pour rentrer en grâce, il accomplit des missions secrètes en Angleterre et en Allemagne. Il projette de donner Le Barbier de Séville, un opéra-comique, aux Comédiens italiens qui le refusent. Finalement créé en 1775, il obtient un grand succès.

Beaumarchais multiplie ses activités. La même année éclate l’insurrection des colonies anglaises d’Amérique. Il plaide pour une intervention française, afin de faire parvenir armes et équipements. Louis XVI et Vergennes le chargent secrètement d’organiser les secours. L’affaire coule comme ses bateaux. Il se tourne alors vers d’autres activités. Tout en méditant une suite à l'histoire de son Figaro, Beaumarchais prend la tête de la Société des Auteurs dramatiques (1777). Il fonde la Société typographique et littéraire et publie à Kehl une édition complète des œuvres de Voltaire.

La représentation du Mariage de Figaro prévu à Versailles est interdite, Louis XVI y voit une attaque contre les privilèges. Mais la comédie est jouée dans un théâtre privé. Beaumarchais réussit à obtenir la protection de la reine Marie-Antoinette et atteint le sommet de sa carrière le 27 avril 1784.

L’écrivain se bat sur tous les fronts voulant servir la patrie. Il fonde la Compagnie des Eaux, pour installer l’eau courante à Paris (1785).

À la veille de la Révolution, Beaumarchais se fait construire dans le quartier de la Bastille une maison au luxe tapageur qui excite la malveillance populaire. « Patriote » modéré, il préside le district des Blancs Manteaux (1789). Mais ses ennemis, influents auprès des nouvelles autorités, le poursuivent.

En 1792, le ministère de la Guerre le charge d’acheter et de ramener en France 60 000 fusils entreposés en Hollande. Mais des fournisseurs de l’armée, jaloux de cette concurrence le font enfermer à la prison de l’Abbaye. Menacé d’assassinat, il échappe de peu à la guillotine. Il parvient à s’enfuir, en juin 1793, et se réfugie à Hambourg.

Il rentre en 1796, ruiné, couvert de dettes. Il demande à l’État les sommes dues pour l’affaire des fusils. Le litige ne sera jamais réglé.

Beaumarchais publie de nombreux Mémoires. Presque oublié, il meurt d’apoplexie, le 18 mai 1799. Ill est enterré au Père-Lachaise.

Brillant, dilettante, insolent, impécunieux et intrigant, Beaumarchais est, à l'image de Figaro, « ambitieux par vanité, laborieux par nécessité, mais paresseux... avec délices ! orateur selon le danger ; poète par délassement ; musicien par occasion... », et ce qui reste de son œuvre, dramatique ou polémique, est essentiellement cette étonnante liberté d'esprit, qui ne vieillit pas.

 

Bibliographie :

1766 : Eugénie (drame)  

1770 : Les Deux Amis, ou le Négociant de Lyon (drame)

1775 : Le Barbier de Séville (comédie)

1784 : La Folle journée ou Le Mariage de Figaro (comédie)

1787 : Tarare (mélodrame)

1792 : L'Autre Tartuffe, ou la Mère coupable (drame moral)

Carole Garcia

 


 

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