accueil

.

.

.

Étienne de La Boétie

photo © libre de droit
 

 

 

Étienne de La Boétie, né le 1er novembre 1530 à Sarlat (Périgord) est le troisième enfant et le seul fils d’Antoine de La Boétie, lieutenant particulier du sénéchal de Périgord et de Philippe de Calvimont, fille du seigneur de Lherm. Son père meurt prématurément. Étienne est éduqué par son oncle et son parrain, le sieur de Bouilhonas, ecclésiastique cultivé qui lui transmet son amour des lettres, des valeurs grecques et latines, et son intérêt pour le droit.

Il fait des études à Bordeaux au collège de Guyenne (ou à Bourges ?). À seize ans, il a déjà traduit plusieurs ouvrages grecs (Plutarque et Xénophon) et a une connaissance approfondie de Cicéron. Il s’inscrit à l’université de Rouen en vue d’une carrière de magistrat, université qui compte pour maîtres les juristes Charles Dumoulin et le protestant Anne du Bourg qui s’éleva publiquement contre les persécutions religieuses.

De 1546 à 1548, il rédige selon Montaigne le Discours de la servitude ainsi que des Sonnets adressés par La Boétie à Marguerite de Carle - parente du président Pierre de Carle - qui deviendra son épouse en 1552.

En 1553, La Boétie obtient le grade de licencié. Le roi Henri II lui accorde, avant l’âge légal de vingt-cinq ans, les lettres patentes qui l’autorisent à acheter la charge de conseiller laissée vacante par Guillaume de Lur au parlement de Bordeaux. L’année suivante, il est admis, avec dispense, à prendre ses fonctions de magistrat.

En 1557, Montaigne, de vingt-sept mois plus jeune, devient son collègue au parlement de Bordeaux. La Boétie et Montaigne font connaissance en 1558 « par hasard en une grande fête et compagnie de ville ». Montaigne reconnaît celui qu’il cherchait d’avance, comme l’auteur du Discours qu’on lui avait fait lire (le médiateur est probablement Guillaume de Lur, à qui La Boétie succédait). Commence une amitié intense qui ne sera interrompue que par la mort de l’aîné.

En 1559 Anne du Bourg, l’ancien professeur de droit de La Boétie à Orléans, est pendu et brûlé pour avoir blâmé, en présence du roi Henri II, les persécutions contre les huguenots. Montaigne effectue plusieurs  voyages officiels à Paris. L’année suivante, le parlement de Bordeaux réprime férocement les rassemblements des huguenots. Règne un climat d’inquisition. Accusations d’hérésie, condamnations à mort et au bûcher se succèdent. La Boétie adresse à Belot et à Montaigne un poème latin dans laquelle il exprime sa douleur devant la guerre civile et se demande s’il ne faut pas chercher asile en Amérique. En décembre, il est chargé d’une mission à Paris auprès du Conseil du roi Charles IIX, second fils d’Henri II, alors âgé de dix ans. Il rencontre à cette occasion Michel de L’Hospital, dont il apprécie le Traité de la réformation de la justice. Tous deux se lient d’amitié. Sous l’influence de Michel de L’Hospital, la régente Catherine de Médicis choisit une politique d’apaisement. Michel de L’Hospital charge La Boétie d’expliquer au parlement de Bordeaux cette politique promulguée en 1561. Un colloque national doit se réunir à Poissy, en vue d’une réconciliation des églises chrétiennes catholique et protestante. La Boétie l’annonce. Il croit à la tolérance et à la « gentille charité ».

En 1561 des troubles religieux éclatent en Agenais. La Boétie et le lieutenant du roi, M. de Burie, essaient de faire prévaloir les principes de Michel de L’Hospital. C’est en 1562 que Catherine de Médicis signe L’Édit de janvier qui devait protéger les huguenots de la violence des catholiques mais le massacre de Vassy le 1er mars engendre une révolte des protestants. C’est la première guerre de religion (siège de Rouen, bataille de Dreux). La Boétie rédige son mémoire sur L’Édit de janvier 1562.  Il prend le parti du catholicisme comme religion d’État mais prône un « catholicisme réformé » qui pourrait réconcilié catholiques et protestants. Les magistrats catholiques de Bordeaux résistent à la politique de conciliation. Montaigne est alors chargé de mission à la Cour et en décembre désigné comme l’un des douze conseillers du parlement de Bordeaux envoyés en mission militaire pour arrêter une troupe huguenote.

En 1563, au retour de cette mission, La Boétie tombe malade (de la dysenterie, selon Montaigne, ou de la peste). On le transporte en Médoc sur l’une des terres de sa femme. Il est obligé de s’arrêter à Germignan, près de Bordeaux, chez Richard de Lestonnac, beau-frère de Montaigne. Se sachant condamné, il rédige son testament le 14 août. Il meurt le 18 août, en présence de Montaigne à qui il lègue ses œuvres et sa bibliothèque.


Sources : éditions Mille et une nuits

 

 

Bibliographie :

- Vingt-neuf Sonnets d'Etienne de La Boétie
- Discours de la servitude volontaire
- Œuvres complètes d'Etienne de la Boétie

 

 


© 2002-2020 - Pascale Arguedas
Les textes et graphiques sont la propriété exclusive du site, ou de leurs auteurs lorsque indiqué. Ils ne peuvent être reproduits sans autorisation préalable. Le site contient des liens externes vers d'autres sites. Le contenu et la présentation de ces sites demeurent la responsabilité de leur propriétaire.