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Jean-René des Forêts

Photo Louis-René Des Forêts, 1995 © Cartier Bresson

 

 

 

 

Né à Paris en 1918, Louis-René des Forêts passe sa première enfance entre Paris et la maison familiale située dans le Berry. Pensionnaire, en 1927, dans une école privée en lisière de la forêt de Fontainebleau, puis en Bretagne dans un collège religieux qui prépare à la Marine, il poursuit, de 1932 à 1934, sa scolarité secondaire à Bourges, puis des études de droit et de sciences politiques (1936-1938) tout en faisant paraître des chroniques musicales et littéraires. A la fin des années trente, il fait la connaissance de Jean de Frotté, Patrice de La Tour du Pin, Michel du Boisberranger et Jean Chauvel. Il voyage en Hollande, Italie, Angleterre, séjourne trois mois en Autriche — l'invasion des troupes allemandes et la proclamation de l'Anschluss le contraindront à rentrer en France plus tôt que prévu.

Mobilisé, en 1939 à Metz où il fait ses classes, puis sur la ligne Maginot, et lors de l’offensive allemande en mai 1940, dans les Ardennes et en Belgique. Il assiste à la débâcle qui le conduit, par étapes, jusqu’en Dordogne où, démobilisé au bout de trois mois, il regagne la maison familiale dans le Berry en 1940. Il s’engage dans la Résistance. Son père meurt en 40, son ami Jean de Frotté est fusillé à 26 ans par les nazis, et son frère aîné est tué au combat devant Belfort en 44. Louis-René des Forêts épouse en 1946 Janine Carré et a deux enfants dont Elisabeth, qui décèdera accidentellement en 1965 (deuil dont Ostinato sera, entre autres, la chambre d’écho).

Ses débuts littéraires datent de la période de l’Occupation. Il écrit Les Mendiants, publié par Gallimard, et se lie d’amitié avec Raymond Queneau. Dès la publication de son premier livre, Camus, Bataille, Blanchot et Queneau reconnaissent en lui un éclaireur, un futur classique promis aux plus hautes destinées littéraires. En 1946 le Bavard est salué par Georges Bataille et Maurice Blanchot. Louis-René des Forêts passe un an (1944 -1945) à Paris comme conseiller littéraire chezle jeune éditeur Robert Laffont puis se retire en province où il entreprend la rédaction du Voyage d'hiver, resté inachevé. Il publie dans quelques revues, L’Arbalète, Les Lettres nouvelles, La Nouvelle Revue française. En 1953, il revient vivre à Paris et participe chez Gallimard à la conception de « L’Encyclopédie de la Pléiade » avec Raymond Queneau. Il se lie d’amitié avec Michel Gallimard, Robert Antelme, Georges Bataille, Michel Leiris et Maurice Blanchot. Il fonde, en 1954, le Comité contre la guerre d’Algérie, avec Dionys Mascolo, Edgar Morin et Robert Antelme.

L’année 1960 est marquée par un retour à l’écriture, l’obtention du prix des critiques pour La Chambre des enfants et la publication du Manifeste des 121 dont il est l'un des signataires. Il fonde, avec Michel Camus la revue Lettre Ouverte. En 1966, il entre au comité de lecture de Gallimard, où il restera jusqu’en 1983. En 1967, il fonde la revue L’Ephémère, avec Yves Bonnefoy, André du Bouchet, Paul Celan, Jacques Dupuis, Michel Leiris et Gaétan Picon. Paraît au Mercure de France Les Mégères de la mer.

De 1968 à 1978, Louis René des forêts se consacre à la peinture. Il expose ses encres de Chine à Ancy-le-Franc en 1971 et ses dessins et tableaux au Centre Georges Pompidou en 1978. Il cesse la peinture lorsqu’il s’attelle à Ostinato qui paraît en 1997 au Mercure de France.

Louis-René des Forêts est décédé le 30 décembre 2000 à son domicile de Paris. Il est enterré près de sa fille, à Neuilly, dans l’Eure.

Il a été honoré par le Prix Maeterlinck en 1988, le grand prix national des lettres pour l’ensemble de son œuvre en 1991, et le prix Valery-Larbaud en 1997. Son oeuvre rare, secrète, sans aucune complaisance, a fait un long chemin parmi plusieurs générations de lecteurs et d'écrivains.

 

 

Bibliographie


Mercure de France

  • 1967 : Les Mégères de la mer suivi de Poèmes de Samuel Wood
  • 1997 : Ostinato
  • 2001 : Pas à pas jusqu'au dernier (posthume)

Gallimard :

  • 1943 : Les Mendiants
  • 1946 : Le Bavard
  • 1948 : Un malade en forêt
  • 1954 : Les Grands Moments d'un chanteur
  • 1955 : La Chambre des enfants
  • 1957 : Une Mémoire démentielle
  • 1983 : Dans un Miroir

Fata Morgana :

  • 1985 : Un malade en forêt
  • 1985 : Voies et détours de la fiction
  • 1987 : Le Malheur au Lido
  • 1988 : Poèmes de Samuel Wood
  • 1993 : Face à l’immémorable

Lire le dossier sur Louis-René des Forêts.

 

 

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