accueil

 

 

André Dhôtel

photo © Alain Grillon

 

 

André Dhôtel (1900-1991) est l'auteur de quelques soixante-dix ouvrages, dont une quarantaine de romans, et d'un nombre impressionnant de textes plus ou moins dispersés. Il fut souvent relégué à tort dans les marges de la littérature de jeunesse et d'évasion, ou aux confins du régionalisme.

Né le 1er septembre 1900 à Attigny dans les Ardennes, dont on retrouve trace dans toute son œuvre, André Dhôtel s'installe avec sa famille à Autun où son père exerce la fonction de commissaire-priseur. C'est la première rupture douloureuse de sa vie, laissant à regret ses camarades et surtout l'Aisne, son canal latéral, ses lieux d'aventures, pour aller vivre en ville. Chaque année, il reviendra chez ses grands-parents pour y passer ses vacances. Malgré tout, son enfance et son adolescence sont heureuses, entre lectures, amitiés, vagabondages, archéologie, minéralogie, et vacances ardennaises. Dans tous ses livres, André Dhôtel mettra en scène des enfants, des jeunes gens liés par une grande amitié, au sein d'une nature merveilleuse. Le rêve occupant une large place dans son oeuvre car, pour cet éternel enfant, « le réel l'ennuie profondément ».

Comme toute la génération de cette époque, il a été profondément marqué par la guerre de 1914-1918. Quand il revient dans ses chères Ardennes en Noël 1919, un spectacle accablant l'attend : son village natal, surnommé « Attigny la Coquette » n'est plus qu'un champ de ruines. Toutes les maisons avaient été minées et incendiées après quatre années d'occupation. C'est la deuxième rupture. André Dhôtel comprend « qu'il n'y a rien de bon à attendre des hommes ». À partir de ce moment-là, il s'invente un monde à lui et s'y réfugie. Au milieu de ses chemins, de ses fleurs, de ses papillons et de ses champignons, il ne sera pas déçu. En 1917, pour éviter la critique littéraire qui l'ennuie, André Dhôtel prépare une licence de philosophie. Il retrouve les Ardennes et découvre Rimbaud.

En 1920, au cours de son service militaire à Paris dans un « peloton spécial des étudiants », il rencontre Marcel Arland, Georges Limbour et Roger Vitrac. Ils fondent ensemble les éphémères revues Aventure et Dés, où paraissent les tout premiers poèmes d'André Dhôtel, à côté de textes de Malraux ou de Marc Orlan.

Il obtient son premier poste de répétiteur à Saint-Omer en 1924 avant de partir pour Athènes comme professeur à L'Institut supérieur d'études françaises. Il découvre la Grèce dont il a longtemps rêvé. Puis il est nommé à Béthune en 1928, où il passe deux années et publie à Lille ses premiers textes poétiques, Le Petit Livre clair et un récit de voyages, Du Pirée à Rhodes.

De 1929 à 1934, André Dhôtel enseigne à Provins. En 1930, Gallimard publie son premier roman, Campements, qui sera vendu à quelques centaines d'exemplaires. Il devra attendre treize longues années avant de voir son second roman Le Village pathétique paraître chez Gallimard. Pendant toutes ces années de doute, les éditeurs refusent ses manuscrits et l'écrivain traverse des périodes difficiles de dépression. Sa femme Suzanne Laurent, fille d'un négociant en vins, épousée en 1932, est là pour le soutenir, l'encourager, le protéger et lui communiquer sa foi. Leur fils François naîtra en 1933. De 1935 à 1938, professeur à Charolles, il connaît des années pénibles, marquées par les difficultés éditoriales et le découragement, entrecoupées de longs congés maladie.

De 1938 à 1943, sa nomination à Valognes dans la Manche pour raison de santé, et la guerre contribuent à son isolement. D'abord réformé puis mobilisé à nouveau pour quelques mois en 1940, il est soutenu par Jean Paulhan et se lie d'amitié avec Henri Thomas.

En 1943, André Dhôtel est nommé à Coulommiers où il restera jusqu'à la fin de sa carrière. Il publie Le Village Pathétique et Nulle Part la même année. C'est le véritable début de sa carrière littéraire. Il participe à la création de la revue 84 et publiera presque chaque année un roman, qu'il termine en général pour les vacances scolaires, périodes de séjours ardennais.

En 1948, David, roman refusé dix ans plus tôt par Gallimard et auquel le romancier tenait beaucoup, est publié aux Éditions de Minuit et distingué par le Prix Sainte-Beuve. Au cours d'entretiens à Royaumont en 1849, André Dhôtel rencontre Jean Follain. C'est le début d'une amitié qui durera jusqu'à la mort du poète en 1971.

En 1955, brouillé depuis quelques années avec Gallimard, André Dhôtel trouve une véritable consécration grâce au Prix Femina, attribué au Pays où l'on n'arrive jamais, ouvrage de commande à l'origine, publié chez Pierre Horay, et qui connaîtra un succès important et durable. Le succès de ce livre a toujours surpris son auteur qui ne le considérait pas comme son meilleur roman. La critique, longtemps mitigée, commence à s'intéresser au romancier. Les publications en revues se multiplient. La gloire arrive seulement à cinq ans de la retraite !

En 1961, André Dhôtel, qui vient de recevoir le Prix de littérature pour la jeunesse, quitte définitivement l'enseignement et retrouve la maison Gallimard. Il partagera désormais l'essentiel de son temps entre l'appartement parisien et la maison familiale de Provins. Il reçoit successivement le Grand Prix de Littérature de l'Académie française en 1974 et le Prix national des Lettres en 1975. Il continue inlassablement à écrire et à publier.

1984 sera une année particulièrement fertile qui voit la parution d'un gros roman, Histoire d'un fonctionnaire, d'un recueil de nouvelles, La Nouvelle Chronique fabuleuse, d'un livre d'entretiens, L'École buissonnière, d'une étude de l'ancien disciple et ami Patrick Reumaux, L'Honorable Monsieur Dhôtel, et de trois rééditions en collections de poche.

Le 22 juillet 1991, un an jour pour jour après la disparition de son épouse, André Dhôtel décède à Paris. Il est enterré au cimetière de Provins.

 

Visitez le site de La Route inconnue, association des amis d'André Dhôtel.

 

Bibliographie sélective (extrait) :

 

  • Le Petit livre clair. Éd. Le rouge et le Noir, 1928/ Deyrolle et Théodore Balmoral, 1997.
  • Le Village pathétique. Éd. Gallimard, 1943/ Folio, 1974.
  • Nulle Part. Éd. Gallimard, 1943/ Horay, 1956.
  • Les Chemins du long voyage. Éd. Gallimard, 1949/ Gallimard Folio, 1984.
  • Bernard le paresseux. Éd. Gallimard, 1952/ Gallimard L'Imaginaire, 1984.
  • Les Premiers Temps. Éd. Gallimard, 1953/ Phébus, 2004.
  • Le Pays où l'on n'arrive jamais. Éd. Horay, 1955/ Librio, 1999.
  • Dans la vallée du chemin de fer. Éd. Horay, 1957.
  • Les Voyages fantastiques de Julien Grainebis. Éd. Horay, 1958.
  • Le Mont Damion. Éd. Gallimard, 1964/ Phébus, 2006.
  • Pays natal. Éd. Gallimard, 1966/ Phébus, 2003.
  • Lumineux rentre chez lui. Éd. Gallimard, 1967/ Phébus, 2003.
  • L'Azur. Éd. Gallimard, 1969.
  • Un jour viendra. Éd. Gallimard, 1970/ Phébus, 2003.
  • La Maison du bout du monde. Éd. Horay, 1970.
  • L'Honorable Monsieur Jacques. Éd. Gallimard, 1972.
  • Le Soleil du désert. Éd. Galllimard, 1973/ Phébus 2005.
  • Le Vrai Mystère des champignons. Éd. Payot Lausanne, 1974.
  • Le Couvent des pinsons. Éd. Gallimard, 1974.
  • Le Train du matin. Éd. Gallimard, 1975.
  • Bonne Nuit Barbara. Éd. Gallimard, 1978.
  • La Route Inconnue. Éd. Phébus, 1980.
  • Des Trottoirs et des Fleurs. Éd. Gallimard, 1981.
  • Idylles. Éd. Gallimard, 1961.
  • La Tribu Bécaille. Éd. Gallimard, 1963.
  • La Vie passagère. Éd. Phébus, 1978.
  • Je ne suis pas d'ici. Éd. Gallimard, 1982.
  • La Rhétorique fabuleuse. Éd. Garnier, 1983/ Le Temps qu'il fait, 2001.
  • La Nouvelle Chronique fabuleuse. Éd. Horay, 1984.
  • Vaux étranges. Éd. Gallimard, 1986.
  • Retour. Éd. Le Temps qu'il fait, 2001.
  • Poèmes comme ça. Éd. Le Temps qu'il fait, 2000.
  • Ce lieu déshérité. Éd. Gallimard, 1949/ Phébus, 2003.
  • Lorsque tu reviendras. Éd. Phébus, 1986.
  • Quand je te reverrai. Éd. Phébus, 2004.

 


© 2002-2020 - Pascale Arguedas
Les textes et graphiques sont la propriété exclusive du site, ou de leurs auteurs lorsque indiqué. Ils ne peuvent être reproduits sans autorisation préalable. Le site contient des liens externes vers d'autres sites. Le contenu et la présentation de ces sites demeurent la responsabilité de leur propriétaire.