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Nicolas Vassilievitch Gogol

 

 

 

Nicolas Gogol naît en 1809 dans une famille d'origine ukrainienne de militaires et de prêtres. Son père est petit fonctionnaire, propriétaire de terres et de serfs, et compose en amateur des pièces de théâtre en ukrainien. De faible santé, son fils se distingue dès son jeune âge par la vivacité de son esprit et sa grande sensibilité. Il passe son enfance à Vassilievka au milieu de ses quatre sœurs et de son frère cadet. Pendant ses années de lycée, il se montre un élève moyen, turbulent, passant ses examens de justesse, et aimé de ses camarades pour son esprit mordant et boute-en-train. Il perd son père en 1825 et devient le seul homme de la famille suite à la mort de son frère en 1819.

Gogol s'installe à Pétersbourg en 1828. C'est le caroussel de la déception, des difficultés d'argent, des vaines recherches d'emploi. Il ne subsiste que grâce à l'argent que lui envoie sa mère. Il trouve enfin un petit emploi au ministère de l'Intérieur. En 1830, il trouve une place au ministère des Apanages, fréquente les Beaux-Arts, tente de devenir acteur mais échoue à l'examen d'entrée car « il lit trop simplement ».

En avril 1931, il est professeur d'histoire à l'« Institut patriotique » des jeunes filles nobles. Puis il fait la connaissance de Pouchkine qui l'encourage en 1932 à publier un premier volume de nouvelles, Les Veillées du hameau de Dikanka.

En 1834, il devient professeur d'histoire à l'université de Pétersbourg grâce à l'appui d'amis influents, poste pour lequel il n'est aucunement préparé et qu'il devra abandonné neuf mois plus tard.

Les premières Nouvelles de Pétersbourg (La Perspective Nevsk, Le Portrait et Le Journal d'un fou) paraissent en 1835, suivies d'un autre recueil servant de suite aux Veillées du hameau (avec Tarass Boulba). Il achève en une année (1835) Le Revizor, une comédie satirique écrite sur une idée de Pouchkine. Le tsar autorise la pièce sans attendre le visa de censure. Elle obtient un grand succès en 1836. Nicolas Ier s'exclame : « Tout le monde en a pris pour son grade, moi le premier. »

En voyage en Allemagne, en Suisse, à Paris, à Rome, en Autriche, Gogol mène parfois une vie besogneuse et se plaint de sa santé, tout en travaillant aux Âmes mortes, son roman le plus connu aujourd'hui. En 1837, il est profondément attristé par la mort de Pouchkine, ce qui le renforce dans l'idée qu'il doit prendre la tête de la littérature russe. À Vienne, en 1840, il écrit Le Manteau, avant de souffrir d'une grave dépression.

Gogol se déplace sans cesse à travers l'Europe, son exaltation spirituelle grandit. En 1843 à Rome, il s'adonne à la lecture de livres pieux, sa pratique religieuse devient de plus en plus assidue. En 1944, à Nice, il ne cesse dans sa correspondance de sermonner sur un ton « ridiculement pompeux » (comme lui reproche Pletniov) en exigeant qu'on écoute sa parole inspirée. Sa santé est mauvaise et en 1845, il fait des cures dans diverses villes d'eaux d'Allemagne, sans résultats. Fin 1846, à Pétersbourg, paraissent les Extraits choisis de ma correspondance. Gogol espère « racheter » ainsi le mal qu'ont pu faire ses livres. La réaction publique est d'une extrême violence. Tous sont atterrés, non seulement par ses idées mais par son assurance, son ton prophétique, la complaisance avec laquelle il étale ses sentiments, ses projets. Son humilité même semble hypocrite. Gogol est bouleversé, reconnaît qu'il s'est montré maladroit, outrecuidant.

Il réécrit ses œuvres et rentre en Russie en 1849. Il redouble de pratiques pieuses, fait arrêter les représentations du Revizor. Il reçoit la visite de Tourgueniev qui le jugeait génial et « un peu timbré ». Son état nerveux s'aggrave. Il s'isole, refuse les invitations aux soirées qu'on organise en son honneur, ou les quitte s'il aperçoit des gens qui ne lui plaisent pas. La réfection des Âmes mortes s'achève.

En janvier 1952, Mme Khomiakov - la sœur du poète Iasykov - un ami intime de Gogol, meurt. Il en est fortement impressionné et il semble qu'à partir de ce jour, il abandonne ses projets, ses travaux en cours pour se préparer à sa mort. Il observe un jeûne rigoureux et meurt, un chapelet entre les mains, le 21 février 1852. Une foule considérable accompagne son corps, cependant que le régime tsariste, ne lui pardonnant pas sa vision sarcastique de la société russe, arrête la publication de ses oeuvres et interdit jusqu'à la mention de son nom.

 

Bibliographie

•  1831 : Les Soirées du hameau, près de Dikanka

•  1832 : Veillées à la ferme de Dikanka

•  1835 : Mirgorod (Viï, Tarass Boulba, Les Propriétaires du bon vieux temps et La Brouille des deux Ivan), Arabesques (La Perspective Nevski, Les Mémoires d'un fou et la première version du Portrait) et Le Révizor.

•  1841 : Les Âmes mortes (1ere partie)

•  1842 : Le Manteau et Les Âmes mortes (2eme partie)

•  1846 : Extraits choisis de ma correspondance

 

 

 

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