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Lao She

 

 

 

Né en 1899 dans une famille mandchoue de la capitale, Lao She, pseudonyme littéraire de Shu Qingchun, a été dés son enfance plongé dans une société en pleine évolution.

Après avoir enseigné pendant une vingtaine d'années, notamment en Angleterre et en Amérique, l’écrivain, à la suite du succès remporté par son fameux Pousse-pousse, a pu se consacrer entièrement à son œuvre.

Romancier et dramaturge, il a écrit de nombreuses nouvelles reprises dans Gens de Pékin, dont est extrait Histoire de ma vie.

Lao She est l'un des tout premiers écrivains de sa génération. Doté d'une vive sensibilité tempérée par un exceptionnel sens de l'humour, il s'est révélé un auteur de romans prolifique : Le Fossé de la barbe du dragon (1951), qui lui vaut le titre d'«artiste du peuple», et un roman autobiographique inachevé, L'Enfant du Nouvel An (commencé en 1961).

À travers les personnages très divers quer Lao She met en scène, c’est toute la vie pékinoise, à la fin de l’Empire et dans les premières années de la République, qui resurgit. Les prostituées côtoient les amateurs d’opéra et les agents de police ; les bandits y font bon ménage avec les honnêtes gens, les simples artisans avec les petits commerçants.

De ce monde, qui a aujourd’hui presque totalement disparu, Lao She a su retenir le meilleur : une vie où la tragédie n’exclut à aucun moment l’humour. Son grand roman, Quatre Générations sous un même toit, est une vaste fresque qui raconte l’histoire d’une famille à travers les péripéties de l’histoire chinoise. Les « conflits » qui sont au cœur de l’œuvre n’opposent pas seulement entre eux les divers membres de la famille, ils opposent aussi le groupe familial à la patrie, et Pékin au reste de la Chine.

Élu vice-président de l'Union des Écrivains chinois, il publie en 1956, sous le régime communiste, sa plus belle pièce de théâtre, La Maison de thé.

En 1966, angoissé devant la montée de la révolution culturelle de Mao, il n’a pu achever le grand roman autobiographique qu’il avait entrepris, L’Enfant du Nouvel An. Arrêté, interrogé et battu à mort par les Gardes rouges de la terrible bande des Quatre, il fut renvoyé chez lui. Il connut l'humiliation de trouver sa maison pillée, ses livres précieux et ses documents jetés par terre. Trois jours après son arrestation, la famille de Lao She fut prévenue que l'on avait retrouvé le corps de l'écrivain noyé au bord d'un lac, au sud de la ville, et que la police avait conclu au suicide. Mais le corps ne fut jamais rendu à la famille, et ceux qui l'avaient découvert témoignèrent que seul son visage était immergé dans l'eau du lac.

Lao She a été officiellement réhabilité en 1978.

 

Bibliographie :
Le Pousse-Pousse. Éd. originale Robert Laffont, 1973/ Picquier, 1990, 1998, 1999.
La Cité des chats. Éd. originale Robert Laffont, 1973/ Pocket, 1992.
Gens de Pékin. Éd. originale Gallimard, 1982/ Folio, 1993.
La Cage entrebâillée. Éd. Gallimard, 1986/ Folio, 2002.
L’Enfant du Nouvel An. Éd. Gallimard, 1986/ Folio, 2003.
Un fils tombe du ciel. Éd. originale Arléa, 1989/ Livre de poche, 1997.
Avec l’accent de Pékin. Éd. Langues étrangères, 1991.
Quatre générations sous un même toit. Éd. originale Mercure de France, 1996/2000/ Gallimard Folio, 2000 / 2001.
Le Tireur de pousse. Éd. Langues étrangères, 1997.
L’Anniversaire de Xiaopo. Éd. Librairie You Feng, 1999.
Messieurs Ma, père et fils. Éd. Pickier, 2000 / Pickier poche, 2003.
Les Tambours. Éd. Pickier, 2001 / Pickier poche, 2001 / 2004.
Histoire de ma vie. Éd. Gallimard Folio, 2002.
La Maison de thé. Éd. Langues étrangères, 2002.
L’Homme qui ne mentait jamais. Éd. Pickier, 2003.
Pékin : ultimes regards sur la vieille cité. Éd. Rouergue, 2003.

 

 

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