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Mario Soldati

photo © DR Mario Soldati dans les années 1980

 

 

 


Journaliste et cinéaste prolifique, Mario Soldati (1906-1999) est considéré comme l’un des plus grands romanciers de l’Italie contemporaine. Né à Turin et mort à Luciari, il est élevé, par une mère anglomane de longue date, dans le culte de la civilisation anglaise et par un père italien, né à Lyon, qui considérait le français comme sa langue maternelle.

Mario Soldati étudie chez les Jésuites à Turin, puis à l'Université de Rome où il se spécialise dans l'histoire de l'art et obtint son doctorat ès lettres en 1927.

En 1929, une bourse de l'université Columbia lui permet de partir pour New York. Il enseigne à la Columbia University et vit en Amérique jusqu'en 1931. Ce séjour a nourri les regards croisés entre l’Italie et l’Amérique qui s’épanouissent notamment dans Lettres de Capri (1954), le récit d’apprentissage Amérique, premier amour (1935), document vibrant de sincérité, mais aussi L’Épouse américaine.

À son retour en Italie, et après quelques tentatives dans le milieu journalistique, il se tourne vers le cinéma. Assistant puis metteur en scène, son premier film, Le Petit Monde d'autrefois (1940) a un grand succès. La Fille du fleuve (1954) avec Sophia Loren, Guerre et Paix en collaboration avec King Vidor, Eugénie Grandet (1946) d'après Balzac, La Marchande d'amour (1953) d'après Moravia et une trentaine de films illustrent sa carrière de cinéaste.

Mais sa vraie vocation est celle de romancier. En 1952, il publie Le Festin du commandeur, un recueil de trois nouvelles très remarqué par la critique qui lui vaut le prix Strega équivalent du prix Goncourt. Son œuvre littéraire est prolifique, à raison d’un ouvrage par an en moyenne. On retrouve des influences cinématographiques dans sa présentation des personnages, ses ruptures narratives et ses montages. Ses thèmes récurrents sont l’amitié, les ambitions déçues, les bizarreries incongrues de la vie, ses ratages aussi, avec au-delà la découverte de la face cachée des autres, une soif de beauté toujours tempérée par les origines de celui qui se définit comme un écrivain de Far-West. C’est à dire de l'ouest de l'Italie, le Piémont. « Ce sont les thèmes de ma vie et de mon œuvre, l'aventure, le désir et le plaisir de la narration avec tous ses effets dramatiques. »

Avec nonchalance et élégance, Soldati affiche un ton désenchanté dans ses écrits, une distance vis-à-vis des faits de la vie, une technique de l'intrigue menée sans fioritures, dépouillée et efficace, une merveilleuse lueur d'ironie dans l'observation de ses semblables et un mordant délicieux.

Bien qu’il se sente très proche d'un écrivain comme Giorgio Bassani (Le Jardin des Finzi Contini), Soldati a peu d'estime pour ses compatriotes. Leonardo Sciasca, Carlo Cassola, Italo Calvino  exceptés. « Les autres me semblent trop esthétisants, le sens n'étant plus, dans leurs œuvres, qu’un effet second au profit d'une recherche et d'un jeu formel dont les incitations expriment une espèce de gratuité désespérée. […] Après tous les auteurs français, mes écrivains préférés sont Stevenson, James, Conrad et Melville. Ceux chez qui, en fait, la forme narrative et le thème de l'aventure ont servi à illustrer quelques-uns des grands mythes de l'existence. N'est-ce pas Conrad qui a écrit : il y a des voyages qui pourraient servir de symbole à l'existence… »

A partir de 1962, Mario Soldati intervient à la télévision italienne et travaille comme critique cinématographique.

 

 

Bibliographie

 

 

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