|


Conversation
de Cécile Wajsbrot et Pascale Arguedas en janvier 2008, entre Berlin et Gif sur Yvette.
Nicole Bary (en charge de la collection "Bibliothèque allemande" Métailié), Claudine Galea et Gilles Rozier (écrivains) ont gracieusement collaboré à ce dossier autour du travail de Cécile Wajsbrot. Vous pouvez lire en bas de page leur contribution polyphonique qui enrichit cette conversation. Ce dossier est paru le 19 mars 2008 dans le n°14 de La Presse Littéraire.

photo © Pascale Arguedas
Cécile Wajsbrot est née en 1954. D’abord professeur de lettres pendant huit ans, elle quitte l’Éducation nationale et travaille en free-lance dans le journalisme écrit ou radiophonique et l’édition. Elle dirige un an la rubrique « Livres » des Nouvelles Littéraires et rend compte au Magazine littéraire des littératures de l’Est. Aujourd’hui, elle vit entre Paris et Berlin, partageant son temps entre l’écriture et la traduction (de l’anglais et plus récemment de l’allemand). Ses romans sont porteurs d’une résonance historique et politique au sens large, soulevant des interrogations sur l'intrication de l'histoire individuelle et de l'histoire collective. Ils nous invitent à prendre en compte le passé - comment vivre avec - à nous poser les vraies questions, celles qui écorchent notre bonne conscience, avec une émotion qui étreint à chaque page grâce à une écriture fluide, douloureuse de lucidité, mais loin de tout artifice et d’épanchement superflu. La vie intime de ses personnages est finement reliée à leur époque, à leurs intensités, à leurs silences et à leurs souffrances. Cette année, Cécile Wajsbrot s’est lancée dans l’exploration de la création artistique et de sa perception tout en continuant à approfondir les thèmes qui la hantent.
Cécile, tu sembles vouloir aujourd’hui changer d’univers, même si au fond, certains thèmes récurrents sont toujours présents. Dans Conversations avec le maître, ton dernier ouvrage paru en 2007 chez Denoël, tu campes des personnages autour d’une dialectique complexe : la création, l’œuvre d’art et sa perception. Pourquoi ?
Il y a plusieurs raisons à cela. D’abord, j’en avais assez d’écrire des romans les uns après les autres, sans suite, sans unité. Cela faisait longtemps que je voulais faire quelque chose d’autre. Un temps, j’ai cru résoudre la question en tentant d’écrire un roman épais. J’ai écrit le premier jet du Tour du lac et de Mémorial avec cette illusion mais en les retravaillant l’un comme l’autre, il m’a fallu me rendre à l’évidence, ils ne seraient pas plus épais que les autres. Chacun a sans doute sa distance, son rythme propre, et j’ai compris que ce roman épais resterait un fantasme. Alors m’est venue l’idée d’un cycle. Mais quelle unité lui donner ? Je n’ai pas vraiment de personnages ou plutôt, je n’en ai plus, ce sont plutôt des figures, des consciences qui vont à travers le monde, et les retrouver ou en retrouver certaines d’un livre à l’autre, en récurrence comme chez Balzac, ou les suivre à travers le temps comme chez Proust – pour prendre de grands exemples – n’aurait pas eu de sens. Je n’écris pas de romans romanesques, les événements, ce qui se passe, n’a d’existence que dans la résonance, dans l’écho produit. Il restait la possibilité d’une unité thématique. Et comme la question de la création et de sa réception me préoccupe, j’ai eu envie d’essayer. Pourquoi ne pas imaginer un cycle que relierait une question commune, celle de l’art, des processus de création, la façon dont un public – auditeur de musique, visiteur de musée, lecteur – le reçoit, pourquoi ne pas imaginer un cycle qui explorerait cette question dans différents domaines ? J’ai commencé par la musique, pour le deuxième, je suis dans la sculpture, les musées, et j’ai une vague idée de ce qui pourrait suivre. Après cela, évidemment, chaque livre a sa nécessité et...
Vous pouvez lire la suite de cet entretien dans Conversations ou la Libre Parole, un recueil en deux volumes qui rassemble 17 interviews d'acteurs du livre, paru en juin 2011 aux éditions Le Petit Véhicule.
4ème de couverture : À travers ces entretiens réalisés entre 2004 et 2009, Pascale Arguedas nous présente des acteurs contemporains du livre, français et étrangers : écrivains, éditeurs, traducteur, mais également ceux de l’ombre qui œuvrent dans l’univers de la critique et de la revue.
L’accent est mis sur les œuvres et les thèmes, les inspirations, les influences, les styles et les procédés d’écriture, et sur le travail de découvreur auquel se vouent les passionnés de littérature.
Une sorte de making-of du Livre.
Un passionnant tête-à-cœur littéraire.
Présentation et Bon de commande
©
2002-2020 - Pascale Arguedas
Les textes et graphiques sont la propriété exclusive
du site, ou de leurs auteurs lorsque indiqué. Ils ne peuvent
être reproduits sans autorisation préalable. Le site
contient des liens externes vers d'autres sites. Le contenu et la
présentation de ces sites demeurent la responsabilité
de leur propriétaire.
|