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Cacao


Éditions Stock, Collection "La Cosmopolite".

 

 

« Ce n’est pas un beau livre, bien écrit, sans répétition de mots… Ce livre est mal composé. Mais c’est qu’il n’a pas d’intrigue à proprement parler, et ces souvenirs de la vie des plantations, je les mets sur le papier à mesure qu’ils me viennent à l’esprit. J’ai lu quelques romans avant de commencer Cacao, et je vois bien que celui-ci n’a rien de commun avec eux. Tel qu’il est, le voici. J’ai voulu seulement conter la vie de la plantation. Parfois j’ai eu des envies d’écrire un pamphlet ou un poème. Peut-être n’ai-je même pas réussi à faire un roman. » p.116

Oh que si, vous y êtes parvenu et même brillamment ! Ce roman est court, violent et superbe. Avec, comme vous le dites vous-même, « un minimum de littérature et un maximum d'honnêteté », vous nous racontez la vie de Sergipano, ce jeune paysan exploité et trompé, qui s’échine dans les plantations de cacao de l'État de Bahia. Vous nous décrivez la vie quotidienne de ces esclaves qui partagent une fraternité incroyable, une haine féroce à l’égard des riches et de leur mépris. Ils vivent dans cette misère extrême dont profitent les capitalistes assoiffés de leur sueur et de leur sang. Le style presque oral rend bien l’atmosphère vivante de cette épopée. Je pense même que c’est un procédé ingénieux qui mériterait parfois d’être plus utilisé. Vous n’aviez que 20 ans quand vous avez écrit Cacao. Vous aviez refusé le faux bonheur d’une relative aisance matérielle pour ne pas trahir votre classe et continuer à lutter « le coeur propre et heureux ». Merci. Merci pour ce témoignage spontané que le lecteur gardera longtemps en mémoire.

Pascale Arguedas

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