
Heureux qui comme Ulysse

Éditions
Buchet Chastel
En
Serbie, Milosevic tremble. À Belgrade, la tension monte
et le dernier pont qui reliait la ville à la campagne s’écroule.
Milivoye, vieux retraité de l’armée yougoslave,
décide d’aller se ravitailler chez l’oncle
Boris, pas très loin. Mais le chemin qu’il croyait
bien connaître se révèle parsemé d’embûches.
Et ce qui ne devait être qu’une promenade devient
un long et surprenant voyage.
Roman d’aventure d’un vieil Ulysse des temps modernes.
Les vols et les viols se passent à deux pas d’une
vie paisible qui déroule son fil au rythme des naissances,
des mariages et des enterrements. L’auteur a de l’humour, de la répartie, de
la verve. Il sait adapter son style en alternant des dialogues
juteux et loufoques à ceux au vocabulaire pauvre, «
le même pour tous » quand l’horreur fait des
ravages. Le roman, lui, parvient à nous distraire de cette
vision dramatique par une approche ironique ou sarcastique. Aujourd’hui
comme autrefois, les départs sont joyeux et les retours
amers. Un grand petit livre qui mérite une belle lecture. « Le monde continue à faire ses affaires, indifférent
à ces petites vies tragiques et dérisoires qui sont
la menue monnaie d’une Histoire qui n’a aucun sens
à nous proposer, des histoires de sang seulement. »
Le reste n’est que littérature, celle-ci est signée
Audebert, talentueux artiste, poète, romancier, homme de
théâtre, sculpteur. Voici son parcours sur le site Dans les décors.
Pascale Arguedas