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Antigone


Éditions Actes Sud, collections brochée et "Babel", et J'ai lu.

 

 

Après Oedipe sur la route et Diotime et les lions, Henry Bauchau clôt avec Antigone une trilogie mythologique romanesque d'une rare beauté. Lumineuse, féminine, intrépide, l'Antigone d'Henry Bauchau nous est peut-être plus présente que celle des dramaturges. Et sans doute fallait-il un roman pour vraiment incarner les passions de la jeune mendiante qui, après avoir suivi son père, le roi aveugle, des années durant jusqu'au terme de son parcours, contre toute prudence prend le chemin de Thèbes avec l'espoir d'empêcher la guerre entre les fils de Jocaste, ses deux frères tant aimés. Commence alors pour elle une suite d'épreuves, de doutes, d'humbles joies et d'inexorables déchirements. Traversée d'épisodes sublimes où resplendissent la beauté des chevaux, l'éclat des armes et la vaine gloire des combats, l'Antigone de Bauchau n'en est pas moins une œuvre d'écoute et d'attention à la souffrance, qui chante les regrets de l'amour, l'apaisement des blessures, l'ambivalence des désirs, les mystères de la filiation.

Un récit éblouissant servi par une écriture limpide. Le style de Bauchau tient de l'oralité. Des phrases à la fois simples et bancales et une langue dénudée rendent bien la fragilité d'Antigone : « Ma pauvre soeur, je crois que tu ne comprendras jamais rien à la haine. La haine, c'est l'amour en dur. » Une histoire émouvante qui ne demande pas de connaissances particulières en mythologie et qui plaira aussi aux amateurs de poésie.

Pascale Arguedas

Lire le dossier sur Henri Bauchau.

 

 

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