
Oedipe sur la route

Éditions
Actes Sud, collections rochée et "Babel", et J’ai lu.
Déchu,
aveugle, Oedipe a franchi les portes de Thèbes. Antigone
aussitôt se met en chemin. Non loin se tient Clios le bandit,
dont la cruauté est célèbre à travers
l'Attique. Ainsi débute l'errance d'un demi-dieu maudit,
de sa fille, de leur compagnon. Sans deviner quels sentiments
les unissent - ignorant qu'ils progressent vers Colone où
Oedipe entrera dans la légende — ces trois-là sont
peu à peu livrés au plus énigmatique des
destins. Roman d'aventures ? Oui, tant il est vrai qu'Henry Bauchau
nous guide dans la nuit des temps et, au plus près de ses
personnages, nous fait partager leurs épreuves. Mais le
narrateur aborde bientôt d'insoupçonnés rivages,
convoque les arts et les songes, la danse et la sculpture, la
folie et la tendresse, le délire et le chant. Et c'est
au bord des abîmes que sa méditation trouve ses plus
profondes résonances.
Ce livre est un voyage intérieur dans lequel un homme affronte
les ténèbres qu’il porte en lui jusqu’à
atteindre la connaissance de soi. Dans cette quête mythologique,
Henry Bauchau convoque le chant, la danse, le rêve et le
délire comme moyens de libération de son héros.
C’est par la sculpture d’une vague gigantesque, au
flanc d’une falaise, symbole des épreuves déjà
franchies ou à franchir, que cette errance trouve son expression
la plus achevée et la plus visionnaire.
Œdipe sur la route - première partie du Cycle d’Antigone (Œdipe
sur la route, Diotime
et les lions, Antigone)
- est avant tout une magnifique interrogation sur l’individu
et son destin.
Pascale Arguedas
Lire le dossier sur Henri Bauchau.