Éditions Le Dilettante
La famille du héros croit qu’il est monté à Paris pour passer le concours d’entrée à l’école des arts-déco. Or, celui-ci planche à Cachan sur le concours d’agent de contact. Agent de contact, entendez par là, gardien de musée, celui qui conserve une part précieuse de l’humanité. « Ce concours, c’était histoire d’assurer mes années, car en réalité quelque chose de bien plus grand m’attendait. » De livreur de quenelles au gardien de musée, une irrésistible ascension sociale qui ne l’empêche pas d’assister au concert d’Iggy Pop.
Nicolas Beaujon nous offre une drôle de plongée dans les affres d’un agent de contact fan de Jimi Hendrix et des Doors. Deux mondes s’opposent, celui de l’inertie de l’arpenteur de zones protégées et celui du tempo à six cordes d’une guitare électrique. Le lecteur découvre également l’envers d’un décor étrange, celui, entre autres, d’un gardien subtilisant dans les réserves du musée des pièces offertes par l’archiduc de Mayence à la princesse de Sienne, afin de financer une consommation de cocaïne grandissante. Le Patrimoine de l’humanité est un roman enthousiaste dans lequel la subtilité d’écriture est au service d’un humour décalé. L’auteur parvient à une sincérité et une humanité forte et bouleversantes. Nicolas Beaujon signe une œuvre d’une simple et belle originalité, traversée d’une émotion que l’on peut qualifier d’inédite. Un bon premier roman d’un bon écrivain, à suivre.
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L’auteur
Nicolas Beaujon est né à Mont-de-Marsan en 1964. Après de très brèves études et divers métiers exercés à Paris, il a choisi de s’expatrier au Canada au début des années 2000, et travaille dans le milieu rock indépendant.
Carole Garcia