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L'Inauguration des ruines


Éditions Joëlle Losfeld

 

 

L'heure des fesse-mathieux a sonné, on dirait : le peu d'échos élogieux sur ce monument littéraire m'incite encore à prendre une plume généreuse à l'encontre de son auteur... Jean-Noël Blanc a une quarantaine de livres derrière lui (la plupart excellents et dans différents registres : nouvelles, romans, romans par nouvelles, il écrit pour les petits, les grands — faites votre marché) et son humble discrétion finira par le desservir si nous nous contentons de le partager entre initiés sans l'évoquer à grand bruit. C'est un styliste comme on en fait peu et j'imagine que votre reconnaissance de son vivant vaudra certainement mille linceuls dont l'éternité se tamponne. N'attendez pas qu'il passe l'arme à gauche pour le lire, voilà ce que j'ai envie de vous dire ! Ah, je sens la colère poindre, elle pourrait monter en puissance si je n'étais plus heureuse en vous glissant deux mots sur son Inauguration des ruines :

Roman-collage, roman-fleuve, roman-puzzle, roman de dynastie, roman-araignée, roman ambitieux, roman total ! Mais plus encore ce qui me séduit chez Jean-Noël Blanc c'est sa capacité à jouer sur divers registres d'écriture pour n'en faire qu'une, unique : la sienne. Il brasse le matériau littéraire comme qui rigole, ose des intermèdes cocasses et des inventions langagières, dépoussière de vieux jolis mots avec une aisance qui désarçonne, a un culot absolument sans limite ce en quoi je lui suis grée car on ne s'ennuie jamais. Quel rythme, quel plaisir de lecture !

Metteur en scène génial, J.N. Blanc est malin, frais, vivifiant, original et plein d'humour. Sa fresque joue une partition piquante puisqu'elle mélange à profusion une variété de fragments : narration, article de journal, poème, "biographie", chanson, chronique. Et quoi encore ? Tout. C'est épatant.

L'écrivain est également architecte (et sociologue de l'urbanisme), il a su donner une structure polymorphe à son édifice littéraire qui laisse la part belle aux paradoxes, à la facétie, la parodie, à des citations imaginaires (pas piquées des vers) ou réelles (Blanc citant en douce ses propres textes anciennement parus, génial!), jouant comme un enfant en un savoureux délire entre réel et imagination, vide et plein, construction et ruine, patati et patata.

Bon, c'est bien gentil tout ça mais de quoi ça parle, ce putain de bouquin ? Lisez. Blanc est éblouissant !

 

 

 

 

 

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