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L'Euphorie perpétuelle


Éditions Grasset

 

 

« Un nouveau stupéfiant collectif envahit les sociétés occidentales : le culte du bonheur. Soyez heureux ! Terrible commandement auquel il est d'autant plus difficile de se soustraire qu'il prétend faire notre bien. Comment savoir si l'on est heureux ? Et que répondre à ceux qui avouent piteusement : je n'y arrive pas ? Faut-il les renvoyer à ces thérapies du bien-être, tels le bouddhisme, le consumérisme et autres techniques de la félicité ? Qu'en est-il de notre rapport à la douleur dans un monde où le sexe et la santé sont devenus nos despotes ? J'appelle devoir de bonheur cette idéologie qui pousse à tout évaluer sous l'angle du plaisir et du désagrément, cette assignation à l'euphorie qui rejette dans l'opprobre ou le malaise ceux qui n'y souscrivent pas. Perversion de la plus belle idée qui soit : la possibilité accordée à chacun de maîtriser son destin et d'améliorer son existence. C'est alors le malheur et la souffrance qui sont mis hors la loi, au risque, à force d'être passés sous silence, de resurgir où on ne les attendait pas. Notre époque raconte une étrange fable : celle d'une société vouée à l'hédonisme, à laquelle tout devient irritation et supplice. Comment la croyance subversive des Lumières, qui offrent aux hommes ce droit au bonheur jusqu'alors réservé au paradis des chrétiens, a-t-elle pu se transformer en dogme ? Telle est l'aventure que nous retraçons ici. »

Dans L'euphorie générale, essai truculent de Pascal Bruckner, non seulement j'apprends — car il est fort documenté sur le plan philosophique — mais je ris de bon cœur car j'y retrouve beaucoup de nos maux, contradictions, préjugés, fausses vérités, occasions ratées, anecdotes cocasses, et surtout une lucidité pleine d'humour, une finesse de raisonnement pleine de subtilité. Infime bonheur donc, d'être tombée sur cet ancien essai brillant et désopilant, roupillant sur de vieilles étagères alors qu'il n'a pas pris une ride : « Au lieu d'admettre que le bonheur est un art de l'indirect qui arrive ou n'arrive pas à travers des buts secondaires, on nous le propose comme un objectif immédiatement accessible, recettes à l'appui. […] La société du bonheur programmé devient peu à peu une société hantée par la détresse, talonnée par la peur de la mort, de la maladie, du vieillissement. Sous un masque souriant, elle flaire partout l'odeur irrespirable du désastre. […] Le bonheur relève de la jouissance immédiate autant que de l'espérance en un projet capable de révéler de nouvelles sources de joie, de nouvelles perfections.»

Pascale Arguedas

 

 

 

 

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