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La Vallée seule


Éditions Le Mot et le Reste

 

 

"Sur les pentes d'une vallée plus perdue que d'autres, des hommes, femmes, enfants habitent tant bien que mal les saisons qui passent. La nature les laisse être là, un peu mieux qu'ailleurs, un peu moins seuls parfois, la tête aux rêves de passé et d'avenir. Dans ce petit hameau qui s'espère abrité du monde, des importuns débarquent, bardés d'intentions pas toujours reluisantes, à l'affût d'une légende locale sachant se faire discrète. Quelque part, dans un fouillis de genêts ou à l'abri d'une grotte, couché sous un chêne ou descendant une moraine, les sens en prise avec le pouls de la vallée entière, un vieux cerf se cache, fuyant les hommes autant qu'il les observe." Ecrivain-paysan né en 1946, André Bucher est l'une des voix les plus singulières de la littérature française contemporaine. Son écriture mêle célébration de la nature sauvage et étude psychologique en un phrasé scandé, hâché, ourlé d'images à l'inquiétante beauté. Au mot et le reste, il a aussi publié Fée d'hiver.

 

Mon ami André Bucher a eu la gentillesse de m'offrir en avant-première sa Vallée seule. J'apprécie l'homme et l'écrivain, voici ce que je leur ai répondu après lecture immédiate. J'espère, en dévoilant cette lettre secrète, vous donnez envie de le lire en le notant dans vos tablettes, car il risque bien d'être noyé dans le flots des parutions de la rentrée :

 

Cher André,

Ta Vallée seule m'a plu, me parle, me touche, m'émeut…

Comme toujours, tu évoques la nature avec beaucoup de sensualité, ta poésie et tes métaphores imprègnent chaque image qui se lève aussitôt, occupe l'espace et l'embellit. Tu écris comme un peintre, c'est inouï !

Tes personnages en quête de liberté et d'une "vraie vie" sont terriblement humains. Certains m'ont fait penser à ceux rencontrés chez Rick Bass (l'institutrice notamment – "Là où se trouvait la mer"), d'autres comme ce vieux célibataire noyé dont la cabane est emportée par les eaux est d'une justesse psychologique incroyable et d'une beauté mélancolique heureuse. Raoul et Gisèle, tout un poème… Gisèle étant peut-être le personnage qui m'a le plus touchée car je me la suis appropriée — les extraits de son "journal" (p.133) m'ont littéralement bouleversée…

Souvent je crois t'entendre à travers certaines répliques, emportements (contre la science, le progrès, les chasseurs, les touristes, etc.), fantaisie, humour, tes mots délicatement enfouis, tus, devinés, tes non-dits remplis d'une tendresse bourrue, ta féérie, ta lucidité… Tu t'inscris assurément dans une filiation : celles des écrivains du cœur, de la générosité, de l'intelligence de vivre et de l'indulgence lorsque la philosophie s'invite.

Ton cerf est magnifique, à la fois pulsion animale de la vallée et âme tutélaire d'un grand sage (sans oublier le héron), ses apparitions rythment parfaitement le récit et permettent souvent d'éclairer en contrepoint les comportements humains.

J'ai vraiment passé un très bon moment de lecture et noirci ton livre de citations soulignées à ne pas oublier. J'ai aussi appris un vocabulaire inconnu et foncé dans le dico, merci, j'aime débusquer ce genre de choses. Je t'ai lu d'un trait, en une journée, charmée par ton univers, par ce que tu fais dire à tes personnages et que je partage, par la beauté de ces âmes fragiles, en doute, en quête d'essentiel et cette nature si magnifiquement décrite, personnifiée. J'aime vraiment beaucoup ce roman, son harmonie…

Bravo et bon vent, tu le mérites !

Pascale Arguedas

 

 

 

 

 

 

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