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Lettres de mon moulin


Éditions J'ai lu, collection "Librio".

 

 

Dans ces lettres fictives, Alphonse Daudet décrit la Provence avec une précision d'un peintre sensible à la grandeur, au pittoresque des paysages. Un midi coloré d'une saveur d'exotisme. Il présente une peinture fidèle de la réalité humaine dans les détails et les misères de la vie quotidienne. Daudet s'intéresse aux humbles et essaye, lui aussi, à chanter les bonheurs disparus d'une Provence quittée trop jeune. Il les vit en un mot. M. Seguin et sa chèvre, maître Cornille, le curé de Cucugnan, le pape et sa mule… et par le biais de sa plume, il confie : «  Nous ne sommes que des gens d'imagination et de paroles débordantes, des trouveurs, des brodeurs, des improvisateurs féconds, ivres de sève et de lumière, qui se laissent prendre eux-mêmes à leurs inventions stupéfiantes et ingénues. »

Daudet possède une âme sensible de poète, et voulait être avant tout un « marchand de bonheur ». C'est un excellent conteur qui joue ses personnages, les sent, les gronde, avec tendresse et ironie, les enjolive... Dans un style d'une très grande souplesse, lumineux et nourri des sucs provençaux, on découvre un paysage écrasé par le soleil, balayé par le souffle du mistral. Une végétation parfumée de lavande, de romarin et de marjolaine sans oublier le cri strident des cigales. On sent l'exagération des descriptions, des situations, des légendes... Les Lettres de mon moulin sont autant de facettes d'une région qui gagna ainsi, et pour longtemps, ses lettres de noblesse.

Carole Garcia

Lire le dossier sur Alphonse Daudet.

 

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