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Montedidio


Éditions Gallimard, collections "Folio", et Féryane. Traduit de l'italien par Danièle Valin.

 

 

« Chacun de nous vit avec un ange, c'est ce qu'il dit, et les anges ne voyagent pas, si tu pars, tu le perds, tu dois en rencontrer un autre. Celui qu'il trouve à Naples est un ange lent, il ne vole pas, il va à pied : « Tu ne peux pas t'en aller à Jérusalem », lui dit-il aussitôt. Et que dois-je attendre, demande Rafaniello. « Cher Rav Daniel, lui répond l'ange qui connaît son vrai nom, tu iras à Jérusalem avec tes ailes. Moi je vais à pied même si je suis un ange et toi tu iras jusqu'au mur occidental de la ville sainte avec une paire d'ailes fortes, comme celles du vautour. » Et qui me les donnera, insiste Rafaniello. " Tu les as déjà, lui dit celui-ci, elles sont dans l'étui de ta bosse." Rafaniello est triste de ne pas partir, heureux de sa bosse jusqu'ici un sac d'os et de pommes de terre sur le dos, impossible à décharger : ce sont des ailes, me raconte-t-il en baissant de plus en plus la voix et les taches de rousseur remuent autour de ses yeux verts fixés en haut sur la grande fenêtre. »

Montedidio, le « mont de Dieu », quartier napolitain populaire de ruelles étroites est le terrain de vie du jeune narrateur de treize ans. Il quitte l'école pour devenir apprenti ébéniste (coiffeur pour bois), contribuant ainsi aux modestes revenus de sa mère malade et de son père docker. Il découvre les rudiments du métier, se lie d’amitié avec un vieux sage juif et bossu, cordonnier exceptionnel, auprès duquel il prend des leçons de rire et d'humanité. Il découvre également « l’amour » avec Maria, cette alliance qui est une force de combat. La douce évolution du passage de l’adolescence à l’âge adulte est symbolisée par un « boumeran », grand secret que le jeune homme garde caché sur sa poitrine en permanence. Quand le moment viendra, le jeune Napolitain lancera ce « boomeran » et prendra son envol vers la vie… Erri de Luca, peintre subtil du quotidien des petites gens, brosse avec un désir d’authenticité et une écriture dépouillée à l’extrême, un merveilleux récit plein de sincérité et de naïveté. Comme à son habitude, il dit juste ce qu'il faut, comme il faut, dans l'émotion. Un petit bijou à ne pas manquer !

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Pascale Arguedas

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