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Madame Bovary


Éditions Gallimard, collection "Folio Classique".

 

 

Fille d'un cultivateur, Emma Rouault épouse Charles Bovary, « officier de santé » à Tostes en Normandie. Elle rêve de « se marier à minuit aux flambeaux » mais doit se contenter de noces plus simples. Le couple est invité à une réception chez le marquis de la Vaubyessard. Emma pénètre enfin dans le grand le monde qu’elle ne connaît que par ses lectures romantiques. Une soirée inoubliable ! Mais Emma ne peut supporter le retour à sa triste existence auprès d’un mari sans envergure. Durant de longues journées d’ennui, elle s’enlise dans les profondeurs d’une maladie nerveuse. Charles Bovary décide alors de s'installer à Yonville-l'Abbaye où elle fait connaissance des personnalités locales : Homais, pharmacien, Léon Dupuis, clerc de notaire, Rodolphe Boulanger, riche propriétaire. Quelques semaines après avoir mis au monde une petite fille, elle s’éprend follement de Rodolphe et veut s'enfuir avec son amant qui, lâche, l'abandonne. Accablée, elle tombe malade. Pour la distraire, lors de sa convalescence, Charles Bovary l’emmène au théâtre de Rouen, où elle revoit Léon. Elle devient très vite sa maîtresse. Emma Bovary vit dans le mensonge et dépense des sommes importantes. Incapable de rembourser ses dettes, elle finit par s'empoisonner à l'arsenic.

Gustave Flaubert s’est inspiré d’un fait divers et de personnages réels pour écrire ce roman réaliste, cette analyse psychologique. On retrouve notamment le portrait de son père sous les traits du docteur Larivière. Cette oeuvre explore brillamment les mécanismes obsessionnels de la passion et de la beauté, dans une écriture juste. Flaubert s’appuie sur une solide documentation pour dépeindre cet adultère, n’omettant aucun détail. Les descriptions et les dialogues, parfois naïfs, mais d’un réalisme minutieux, donnent une impression de vérité. L’auteur a le don d’entrer dans la peau de ses personnages pour mieux révéler leurs sentiments : « Quand j’écrivais, l’empoisonnement d’Emma Bovary, j’avais le goût d’arsenic dans la bouche. » La beauté de cette œuvre réside dans sa minutie, sa finesse de l’écriture, son humour. Une histoire simple suffit à Flaubert pour en faire un grand roman. Le maître de Maupassant est arrivé à un tel niveau de perfection d’écriture, que l'on peut parler de prose poétique. Son succès perdure encore aujourd’hui, si l’on en juge la filmographie. Voici donc un classique intéressant à redécouvrir. Un agréable suspens pour ceux qui aiment les belles phrases aux belles sonorités.

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Carole Garcia

Lire le dossier sur Gustave Flaubert.

 

 

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