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La 25e heure


Traduit du roumain par Monique Saint-Come. Préface de Gabriel Marcel. Éditions Pocket.

 

 

Roman terrifiant, absolument pessimiste et désespéré. Mais quel livre sur la déshumanisation du monde moderne ! La relecture est toute aussi remuante que sa découverte il y a trente ans. On y trouve la noirceur diabolique de Franz Kafka, l’absurde ironique d’Eugène Ionesco, le puissant questionnement de Günther Anders sur L'Obsolescence de l'Homme. Son auteur roumain controversé, Constantin Virgil Gheorghiu, né en 1916 en Moldavie, mort à Paris en 1992, a écrit plus de quarante ouvrages dont, en 1949, La Vingt-Cinquième Heure. Cette plongée dans un univers délirant où l'individu broyé par l'administration n'existe plus nous renvoie l'image d'une humanité en déroute.

« Les hommes peuvent dompter toutes les bêtes sauvages. Mais, depuis quelque temps, une nouvelle espèce d'animal est apparue sur la surface du globe. Cette espèce a un nom : les Citoyens. Ils ne vivent ni dans les bois ni dans la jungle, mais dans des bureaux. Ils sont nés du croisement de l'homme avec les machines. C'est une espèce bâtarde. La race la plus puissante actuellement sur toute la surface de la terre. Leur regard ressemble à celui des hommes, et souvent, on risque même de les confondre avec eux. Mais, sitôt après, on se rend compte qu'ils ne se comportent pas comme des hommes, mais comme des machines. Au lieu de cœurs, ils ont des chronomètres. Leur cerveau est une espèce de machine. Ce ne sont ni des machines ni des hommes. Leurs désirs sont des désirs de bêtes sauvages. Mais ce ne sont pas des bêtes sauvages. Ce sont des citoyens... Étrange croisement. Ils ont envahi toute la terre. […] Les Citoyens n’aiment pas la littérature. Pour pouvoir les apprivoiser, j’écrirai dans le seul genre qu’ils admettent. J’écrirai des Pétitions. Les Citoyens n’ont pas de temps à perdre, avec les romans, les drames, et les pièces. Ils ne lisent que les Pétitions. [Les Pétitions sont les cris suppliants de l’homme demandant aux citoyens des bureaux de les laisser vivre.] »

 

 

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