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La Maison forte


Éditions Actes Sud

 

 

« Il y a vingt ans que Maren a quitté la maison forte. Aujourd'hui son père, qu'elle n'a pas revu depuis, veut lui parler. Sur la route du retour aux lieux anciens, Maren se souvient et s'interroge. Qu'est devenue la maison forte où son père s'est retiré ? Qu'en fut-il, durant tout ce temps, de sa vie ? Et que peut-il avoir à lui dire ? C'est sur l'invitation de Maren que son ami Wilhem se rend lui aussi à la maison forte. En chemin il songe à la relation singulière qui s'est nouée entre eux. Aux questions de Maren répondent ses propres interrogations, cependant qu'à la voix de Maren fait écho, infatigablement, la sienne. Peu à peu les sentiments de Wilhem se précisent, il comprend qu'il aime Maren et qu'il ne va la voir que pour le lui dire. D'une beauté envoûtante, ce roman en forme de quête et d'enquête, où la passion de savoir le dispute à la peur de dévoiler, où l'impressionnante densité de l'écriture se mesure à l'épaisseur du temps, est le roman de la deuxième initiation : celle qui contraint à déconstruire l'ancien théâtre des représentations patiemment échafaudé, à se déprendre de tout au moment même où l'on entre en possession de l'héritage. Il se nourrit d'un vertige dont l'écriture saisit ici avec une autorité inspirée toute la périlleuse énergie pour explorer les désordres troublants — et le chaos, parfois — obscurément au travail au cœur même des formes élaborées par l'homme : ses paysages, ses rencontres, ses sagesses. »

Depuis la découverte des premiers textes de Michèle Desbordes — le saisissement, la rencontre d'une voix singulière qui s'adresse à soi — je n'avais éprouvé pareille émotion littéraire. Le plaisir y est plus esthétique que chez Michèle Desbordes mais quel pouvoir d'envoûtement ! Cette écriture aux phrases kilométriques commandée par le rythme, reprises & symétries, échos & correspondances ; cette énergie impulsée par la syntaxe ; quelle maîtrise !

L'écriture de Jean-Paul Goux, minutieuse, délicieusement descriptive, respire amplement et l'heureuse mélancolie qui s'en dégage m'émeut terriblement… Rangeant cet ouvrage dans ma bibliothèque, je suis heureuse de la coïncidence alphabétique : Jean-Paul Goux tient chaud à Julien Gracq. Je consulte la bibliographie de Jean-Paul Goux et j'apprends qu'il a écrit en 1982 un essai qui s'intitule Les Leçons d’Argol… Il y aurait long à dire de ces instants de complicité secrète où l'écriture et la lecture semblent reliées par une évidence intime.

Pascale Arguedas

 

Lire le dossier sur Jean-Paul Goux.

 

 

 

 

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