accueil

 

 

Le Lambeau


Éditions Gallimard

 

 

L’effroi, c’était peut-être ça : la réduction au minimum de l’écart
séparant la dernière seconde de vie de l’événement qui va l’interrompre,
une mort administrée sans préavis.
Dans cet écart, il n’y a pas de place pour grand-chose.
Pourtant, ce peu de chose n’en finit pas.
Tout le reste, quand on lui survit, lui est soumis.

 

Je lis depuis longtemps les chroniques de Philippe Lançon sur Libération. Elles évoquent autant la littérature que le théâtre ou la peinture. Elles sont longues, prennent leur temps, ont toujours un éclairage particulier, une approche différente, personnelle, discrète, sensuelle et intelligente, qui tranche avec ce que l’on a coutume de lire dans les journaux. Du coup, j’ai lu Les îles il y a quelques années. Un beau roman, avec Cuba en toile de fond, voire en personnage principal. Aujourd’hui, non sans appréhension mais confiante, je plonge dans ce pavé autobiographique intimement lié à l’attentat de Charlie Hebdo dont il est l’un des rescapés.

Ce n’est pas un essai sur l’islamisme ou sur l’état de l’hôpital. C’est l’histoire d’un homme qui a été victime d’un attentat, qui a passé neuf mois à l’hôpital, et qui raconte le plus précisément et légèrement possible, comment cet attentat et ce séjour ont modifié sa vie et la vie des autres autour de lui, ses sentiments, ses sensations, sa mémoire, son corps et sa perception du corps, son rapport à la musique, à la peinture, sa manière de respirer et d’écrire.

C’est le récit bouleversant et lumineux d’un retour de la nuit et d’une reconstruction.

C'est un grand livre.

 

 

Pour recevoir la suite de la chronique (et non le livre) en pdf et par email :

 

 

 

© 2002-2020 - Pascale Arguedas
Les textes et graphiques sont la propriété exclusive du site, ou de leurs auteurs lorsque indiqué. Ils ne peuvent être reproduits sans autorisation préalable. Le site contient des liens externes vers d'autres sites. Le contenu et la présentation de ces sites demeurent la responsabilité de leur propriétaire.