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Le Bovarysme, une moderne philosophie de l’illusion,
suivi de
La Pathologie du Bovarysme


Éditions Rivages "Poche". Postface, Dominique Depenne.

 

 

Le Bovarysme a le vent en poupe, en ce moment. Et c’est tant mieux, car ce concept original vaut beaucoup plus que ce que le sens commun en a fait. Cette résurrection est d’autant plus appréciable qu’elle génère du même coup un regain d’intérêt pour deux auteurs qui, à des degrés différents, se sont intéressés de près au bovarysme : Jules de Gaultier et Georges Palante.

Jules de Gaultier, même s’il n’est pas à proprement parler l’inventeur du terme « bovarysme », est celui qui lui a donné ses lettres de noblesse, et qui l’a défini comme suit : « faculté départie à l’homme de se concevoir autrement qu’il n’est ». Dans un premier temps, en 1892, dans Le Bovarysme, la psychologie dans l’œuvre de Flaubert (Réédité en 2007 aux éditions du Sandre), Jules de Gaultier, insiste plutôt sur le caractère « pathologique » du bovarysme, et sur le fait que le destin tragique d’Emma Bovary s’explique essentiellement par le décalage trop important que la jeune femme a créé entre la réalité idéale qu’elle s’est inventée et sa réalité propre. Mais cette explication contient déjà, en soi, les germes de l’évolution du sens qu’il donnera par la suite au bovarysme, et notamment en 1902, dans un nouvel ouvrage: Le Bovarysme, essai sur le pouvoir d’imaginer (Réédité en 2006 aux Presses de l’Université Paris-Sorbonne). En effet, plus que le principe bovaryque en lui-même, c’est l’excès d’illusion qui semble avoir été préjudiciable à Emma Bovary. Et cet excès ne doit pas faire oublier que, non seulement la faculté de se concevoir autre qu’on est, est universelle, mais qu’avant même d’être un principe « pathologique », c’est un principe essentiel à la vie et à son évolution. Et pour Jules de Gaultier, cette idée est vraie aussi bien au niveau individuel, qu’au niveau social ou même qu’au niveau « métaphysique ». L’illusion est la base même de toute connaissance : connaître, c’est reconstruire pour un « moi » inaccessible un double d’une réalité qui lui restera toujours étrangère. Et c’est cette logique de reconstruction qui pousse les individus, mais aussi les nations, l’humanité, à sortir de l’immobilité pour aller perpétuellement de l’avant.

 

 

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