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La Séparation des races


Éditions Gallimard, collection "L’imaginaire".

 

 

 

« Dès qu'il commence à faire gris dans le bas du ciel, c'est, aux deux bouts de la rue, comme si on levait une écluse. Tout pareillement à ce qui se passe pour les petits canaux d'irrigation qu'ils ont partout ici, sans quoi l'herbe sècherait ; — seulement, la rue, c'est à ses deux bouts et c'est dans les deux sens qu'elle recommence à couler. » Ramuz, c'est avant tout un ton, un style, une langue que l'on entend si l'on prend son temps. Une langue de la conscience qui découvre phénologiquement l'univers et le crée en le nommant, une langue parfois déroutante, toujours résonnante. Il faut lire Ramuz à voix haute. Lentement. C'est splendide !

Entre deux villages alpins, une tragédie de l’incommunicabilité atteint son paroxysme à cause d'un fait divers : le rapt d'une suissesse alémanique par un berger valaisan (en représailles d'un empiètement de pâturage par les hommes de l’Oberland situé sur le versant francophone). Conséquences tragiques pour son auteur et pour son village. N'interprétez pas étroitement les races du titre de ce texte écrit dans les années 1920, élargissez le champ des personnes à celui de la chaîne de montagnes qui sépare une région, à des microsociétés qui refusent le mélange, l'ouverture, une autre langue, une autre religion, l'Autre. Dans ce monde de la solitude, de la rudesse, de l'abandon, de la violence mais aussi de la beauté et de l'amour, les disputes vieillissent mal et les vengeances suintent sans jamais tarir.

 

 

 

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