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Histoire d'un ruisseau


Editions Babel

 

Grâce à ce retour vers la nature,
l’humanité fleurit de nouveau
dans sa jeunesse et dans sa joie.

 

« Descendant, descendant toujours, le ruisseau, qui grossit incessamment, devient aussi plus tapageur : près de la source, il murmurait à peine ; même, en certains endroits, il fallait coller son oreille contre terre pour entendre le frémissement de l’eau contre ses rives et la plainte des brins d’herbe froissés ; mais voici que le petit coutant parle d’une voix claire, puis il se fait bruyant, et quand il bondit en rapides, et s’élance en cascatelles, son fracas réveille déjà les échos des roches et de la forêt. »

Long poème en prose dédié à la lenteur et à la contemplation, Histoire d’un ruisseau est « l’œuvre grandiose d’une goutte d’eau ». Ce récit a d’abord traversé le temps avec un statut mineur — car publié chez Hetzel puis Hachette dans une collection destinée à la jeunesse, ce qui est à l'origine du désintérêt tenace pour cet ouvrage — puis majeur lorsque l’on compris qu’il représentait les prémices d’une œuvre monumentale, celle d’Elisée Reclus, grand géographe du XIXe siècle : L'Homme et la Terre (5 volumes), La Terre (2 volumes), Nouvelle Géographie universelle (19 volumes).

Cette Histoire apporta dans le monde scientifique une dimension littéraire qui faisait d’Élisée Reclus l’égal d’un Michelet. Écrivain, il le fut dans ses lettres, ses articles, ses essais où se retrouvaient son amour de la phrase et un style qui maraudait aux frontières de la poésie. Géographe, il le devint par métier et contre la routine, le conformisme de la profession, par amour surtout de la nature. Anarchiste enfin, par le besoin d’être libre et de n’appartenir qu’à lui-même, par amour aussi de l’Homme, cet Autre dont l’individu se nourrit.

Hymne à la vie et à l'une de ses ressources les plus précieuses, cette « leçon de l’eau », qui rappelle les études de Bachelard, est un traité de vulgarisation de deux cents pages, paru en 1869, s’apparentant à une méditation morale et poétique où transparaît la vision du monde de cet anarchiste à la plume exquise : la contemplation de la nature, de sa liberté, ne peut qu’inciter l’homme à croire aux vertus du progrès, de l’enthousiasme et du bonheur immanent. C’est aussi une splendide métaphore de la vie puisque, de la source à l’embouchure, il n’est rien qui ne concourt aux métamorphoses du ruisseau.

 

 

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