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La Tache


Traduit de l’anglais (États-Unis) par Josée Kamoun. Éditions Folio. Titre original : The Human Stain.

 

« Il y a vérité et vérité.
Le monde a beau être plein de gens qui se figurent vous avoir évalué au plus juste,
vous ou votre voisin, ce qu’on ne sait pas est un puits sans fond.
Et la vérité sur nous, une affaire sans fin. De même que les mensonges.
Pris entre deux feux, me disais-je. Dénoncé par les esprits intègres,
vilipendé par les vertueux, puis exterminé par un fou criminel.
Excommunié par ceux qui ont la grâce, les élus,
les évangélistes omniprésents des mœurs du moment,
et puis expédié par un démon brutal ».

 

Ce roman est en partie inspiré par une révélation posthume à propos d’Anatole Broyard. Éditorialiste du New York Times, critique littéraire et écrivain mort en 1990, il avait choisi, grâce à son teint clair, de se faire passer pour « blanc » alors qu’il était issu d’une descendance créole de Louisiane. Cette bombe à retardement sur son « ethnicité », révélée plusieurs années après sa disparition, a été un sujet de polémique dans sa famille, dans sa communauté et dans la communauté blanche.

1998. « En Amérique en général, ce fut l'été du marathon de la tartuferie : le spectre du terrorisme, qui avait remplacé celui du communisme comme menace majeure sur la sécurité du pays, laissait la place au spectre de la turlute ; un président des États-Unis, quinquagénaire plein de verdeur, et une de ses employées, une drôlesse de 21 ans folle de lui, batifolant dans le Bureau ovale comme deux ados dans un parking, avaient rallumé la plus vieille passion fédératrice de l'Amérique, son plaisir le plus dangereux, le plus subversif historiquement : le vertige de l'indignation hypocrite. » P.R.

La Tache — écrit en 1998, au moment où Bill Clinton faisait face à une menace de destitution, en pleine affaire Monica Lewinsky — est le troisième roman d’une trilogie politique. Après Pastorale américaine (évocation du terrorisme gauchiste et de la guerre du Vietnam) et J’ai épousé un communiste (sur la folie maccarthyste des années 50), Philip Roth s’attaque au politiquement correct en dressant une satire féroce de l’Amérique pudibonde et moralisatrice, tout en enquêtant sur la notion de vérité identitaire, à travers une machination romanesque diabolique.

 

 

 

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