
L'Ombre du vent

Éditions Grasset,
traduction de l’espagnol (Espagne) par François Maspero.
L'Ombre du vent est une énigme parsemée
de zones d'ombres et de caves humides. Barcelone,
de 1945 à 1966, sous le régime franquiste à
aujourd’hui. La ville des prodiges est marquée par
la défaite, la vie difficile, les haines qui rôdent.
Un homme emmène son petit garçon dans un lieu mystérieux
du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés.
L'enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est
convié par son père, modeste boutiquier de livres
d'occasion, à un étrange rituel qui se transmet
de génération en génération : il doit
y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers.
Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa
vie, le marquer à jamais et l'entraîner dans un labyrinthe
d'aventures et de secrets « enterrés dans l'âme
de la ville » : L'Ombre du Vent.
Il n'est pas question d'en
révéler l'intrigue, ni même de tenter de s'en
approcher. Il suffit de savoir qu’il s’agit de livres
maudits, de l’homme qui les a écrits, d’un
personnage qui s’est échappé des pages d’un
roman pour le brûler, d’une trahison et d’une
amitié perdue. Une époustouflante histoire d’amour,
de haine et de rêves qui vit dans l’ombre de 524 pages
que l’on dévore trop vite. Tableau historique, récit
fantastique, réalisme magique, énigme policière
où les mystères s'emboîtent comme des poupées
russes, ce roman d'apprentissage et d’aventures mêle
inextricablement la littérature et la vie.
L'Ombre du vent est avant tout un roman de l’amour
du roman. La vie est un livre tentateur, maléfique, obsédant.
Beaucoup évoquent le fantastique du Maître et
Marguerite de Boulgakov mais j’y ai surtout senti du
Wilde chez Zafón, un peu Oscar, écrivain sulfureux
du Portrait de Dorian Gray. Une dimension poétique
à l’image du titre où le sujet le plus poignant
est bien le temps. Zafón sème le vent et récolte
un superbe frisson !
Prix Planeta 2004. Prix du meilleur livre étranger 2004.
L'auteur
Né à Barcelone en 1964, Carlos Ruiz Zafón
vit aujourd'hui à Los Angeles. À 14 ans, il écrit
son premier roman, histoire truculente de cinq cents pages. À
19 ans, il choisit de faire carrière dans le monde de la
publicité qu'il quitte rapidement pour se consacrer à El Principe de las tinieblas. Ce roman, qui lui vaudra
en 1993 le premier Edebé, prix de littérature jeunesse,
se vend à 150 000 exemplaires et se retrouve traduit dans
plusieurs langues. Suivront El Palacio de la medianoche, Las Luces de septiembre et Marina.
Pascale Arguedas