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Du bon usage de la lenteur


Éditions Payot & Rivages.

 

 

« Je marche moins, mais je regarde mieux. Je ne gambade pas avec mes jambes, mais avec le regard. » Pierre Sansot se penche avec nostalgie sur une époque où l'on prenait le temps de vivre, de flâner, de lire, de déguster du vin. Il s'arrête pour nous faire réfléchir sur notre rapport au temps, et nous offre dans cet essai, quelques conseils concernant une politique de la ville, un certain emploi de la culture, un certain usage des sens. Un véritable art de vivre. « Pour ma part je me suis promis de vivre lentement religieusement, attentivement, toutes les saisons et les âges de mon existence. »

Ce sociologue, arpenteur des jardins publics et des chemins ventés, s'insurge contre les hyperactifs et les pressés perpétuels. Une certaine forme de sagesse serait de ne pas brusquer la durée, de ne pas se laisser bousculer par elle, pour augmenter notre capacité à accueillir l'événement. Mais cette lenteur exige que nous donnions au temps toutes ses chances et laissions respirer notre âme à travers la flânerie, l'écriture, l'écoute et le repos. Cette manière d'user le temps est-elle encore possible ? « Il me semble cependant, précise t-il, que dans les moments disponibles nous continuons à forcer la cadence, à multiplier les descentes à ski sans souci de la beauté du paysage, à enchaîner les rencontres au lieu de nous donner véritablement à quelques-uns. »

Pierre Sansot est un nostalgique de l'ancien temps, de la vie à la campagne des années 50. Cette lenteur est pour lui un choix de vie. Il convient de ne pas brusquer la durée et de ne pas nous laisser bousculer par elle. « Nous accumulons les paysages, les aventures, les plaisirs comme si leur addition devait nous procurer le bonheur. Or l'essentiel ne se dévoile qu'à un regard attentif, émerveillé, et respectueux. », écrit-il. Une œuvre facile à lire, d'un intellectuel à la pensée fulgurante, amateur de l'authenticité et des plaisirs simples de la vie, qui nous offre le goût de la flânerie et de l'hésitation. « La vie elle-même comme ondoiement, comme déploiement, la vie à fines gouttelettes plutôt que comme une tornade ou un fleuve impétueux. Une lumière plutôt qu'une force. »

Carole Garcia

 

 

 

 

 

 

 

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