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L'Anniversaire du roi


Éditions Actes Sud.

 

 

Certainement passé au tamis du gueuloir — tant la forme et le fond, âpres et violents, précis et léchés, s'harmonisent pour tisonner notre âme — ce roman dérangeant de Marc Trillard résonne comme un gong salutaire. Incandescent et lancinant, sa force insoupçonnée et sa beauté funèbre le placent illico sur le haut du panier. Reçu tel un uppercut, L'Anniversaire du roi distille en sourdine une réflexion poussée dans les retranchements de la conscience, en fourrageant un passé présent. Celui du Cambodge. De son génocide. De ses deux millions de morts entre 1975 et 1979. Des responsables et des survivants obligés de vivre ensemble. Histoire, procès du régime des khmers rouges, mensonge, imputabilité.

C'est aussi étudier la délicate reconstruction de soi après l'une des plus grandes abjections de l'histoire moderne et sa mascarade de jugement. Comprendre la douleur de l'exil, le refus du pardon, de la pleutrerie, les fièvres d'une passion justicialiste ou l'amnésie volontaire. S'interroger sur la racine du mal et sur une réconciliation (im)possible entre bourreaux et survivants. Mais c'est aussi inscrire la place de l'artiste dans la société et un système sous la forme d'une satire féroce. Car c'est par un décadent peintre eurasien que nous est racontée l'histoire.

 

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