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Mariane Klinger


Éditions Zulma

 

 

Février 1929. Judith et Mariane quittent l'Allemagne pour l'Amérique. Un mari les y attend, dont chacune ne connaît que le nom et le visage, d'après une photographie. Judith et Mariane, deux amies, deux mariages arrangés, deux Harry. Et si on échangeait ? Cette proposition de Judith, cette tentation, cette liberté enfin, Mariane et Judith la saisissent. 1949. Mariane rentre en Europe, abandonnant son mari et son fils. Pendant les six jours que dure la traversée de l'Atlantique, elle essaie de comprendre quelle est cette liberté ainsi gagnée. Est-ce pour elle un voyage de retour aux origines, ou bien la découverte d'une nouvelle vie ? Cette alternative provoque chez elle tout autant l'intense désir de vivre que l'angoisse d'affronter une Allemagne ravagée par la guerre et sur le point d'être divisée. Peut-être l'écrivain Thomas Mann, qui justement se trouve à bord du Queen Mary, pourrait-il lui apporter une réponse... Car c'est grâce à la lecture de Joseph et ses frères que Mariane a supporté son exil. La présence de Thomas Mann n'est-elle d'ailleurs pas un signe ? Et sa rencontre avec Peter Lemm ? À travers ce portrait de Mariane Klinger, Cécile Wajsbrot confirme une sensibilité et une finesse de sentiment déjà démontrées dans Atlantique et le Désir d'équateur.

C'est le hasard ou les coïncidences qui semblent d'abord faire ou défaire les destins. On retrouve les thèmes de prédilection chers à l’auteur : l’histoire, l’errance, la perdition, les personnages ambivalents et déracinés qui s’interrogent sur leur identité et sur leur désir, jusqu'à ce que se laissent pressentir les grandes forces cachées qui les orientent. Mariane Klinger invite le lecteur dans une croisière transatlantique où les réflexions sur la littérature, la peur, l’amour, la séparation et l’attraction des êtres occupent intelligemment chacune de ses six journées de traversée. Une mise en scène originale au service d’une écriture moderne, flexible, donnant des images singulières où la mer tient une place primordiale. Élément naturel représentant à la fois la plénitude avec ces instants de paix véritable que nul autre ne peut procurer, et sa force destructrice avec ses courants contraires qui font dériver. L’eau sous toutes ses formes (la mer ou l’eau javellisée de la piscine dans Désir d’équateur) est un élément qu’explore sans relâche l’auteur et qui permet de glisser dans la profondeur des choses. Cécile Wajsbrot est un auteur qui ne se contente pas de la surface sans chercher à voir dessous.

Pascale Arguedas

Lire le dossier sur Cécile Wajsbrot.

 

 

 

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