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Natiojn par Barbès


Éditions Zulma

 

 

Léna et Jason se rencontrent dans le métro. Pendant quelques mois, ils se retrouvent à la station Barbès. Un jour, à cause d’une grève, Jason n’est plus au rendez-vous. Une atmosphère d’incertitude, de violence et de mystère pèse sur leur relation. Pendant ce temps, en Bulgarie, Aniela rêve de venir vivre en France. L’histoire de ces deux femmes est racontée en alternance, jusqu’à la venue d’Aniela à Paris, qui scellera leur destin et celui de Jason. Lieu de rencontre et de séparation, abîme entre espoir et réalité, le métro joue un rôle primordial.

Dans les couloirs du métro, c'est le hasard qui semble d'abord faire ou défaire les destins jusqu'à ce que se laissent pressentir les grandes forces cachées qui les orientent. Cécile Wajsbrot sait nous faire capter quelque chose d'essentiel à travers ces trois personnages. Tout d’abord avec Léna la parisienne qui mène une existence recluse dans un petit appartement où règne sa mère despotique et paralytique. Puis avec Aniela la bulgare, qui rêve de la France et qui parvient à s’échapper d’un monde communiste en ruine, bien décidée à exorciser le sort des générations antérieures marquées par la pénurie du système bulgare. Jason enfin, l’étudiant interprète qui jouit d’une aisance matérielle, qui a un cœur à double facettes, celui de ces « hommes sans qualités » qui habitent les temps modernes. Le charme de ce roman vient sans doute de cette quête patiente mais maladroite et désespérée des personnages. Trouver un amour, un endroit où ils pourraient comprendre le secret des choses et dire ensemble nous sommes de ce monde. La désespérance, l’impossibilité d’aimer, l’exclusion trouvent un écho particulier dans ce voyage initiatique avorté, devenu trajet claustrophobe. Nation par Barbès est construit sur un rythme d’alternance de deux vies, de deux aspirations, de deux tragédies sourdes et profondes. Avec une vision radicalement désabusée, une perception de la souffrance contemporaine et de ses symptômes, Cécile Wajsbrot affirme son obstination à démontrer l'implacable logique des choses en suggérant un rapport plus intense qu'il pouvait y paraître entre ces destinées individuelles et l'histoire collective. Elle pose, à travers chacun de ses personnages, la question de l'impossible accomplissement qui traverse notre époque. Nation par Barbès mène chacun inéluctablement sur la voie de la perte ou de la réalisation.

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Pascale Arguedas

Lire le dossier sur Cécile Wajsbrot.

 

 

 

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