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Nocturnes


Éditions Zulma

 

 

Le contrebassiste d’un groupe est le seul à avoir survécu au naufrage d’un ferry. Pour rompre sa solitude, il finit par contacter la femme du batteur qu’il connaît un peu. Un gardien de phare voit un voilier en perdition, mais son devoir est de prévenir et de rester, pas de porter secours. Des parents dont le fils a disparu au cours d’une tempête lancent, chaque année, une bouteille à la mer. Rituel désespéré aux conséquences inattendues. Deux frères sont partis en mer, un seul est revenu, et la police l’interroge. Les relations entre eux sont plus complexes qu’il n’y paraît. À travers ces quatre récits, une même question s’impose : comment survivre ? Et si ces naufrages se passent en mer, sur de vrais bateaux, ils sont aussi la métaphore de nos vies — nous faisons tous naufrage un jour ou l’autre.

L’attente, comment vivre et non survivre à ce vide créé par l’absence, à ses ressauts impromptus qui émergent sur des vies lisses. L’auteur pousse le lecteur dans ses retranchements en le mettant face à des naufrages où chacun finit inéluctablement par se retrouver seul, vraiment seul. Et c’est bien dans la solitude qu’on se réalise, qu’on rebondit ou qu’on se noie. L’écriture de Cécile Wajsbrot est une mer qui épouse les profondeurs des failles, qui blanchit d’écume les étendues trop plates, et qui fait rejaillir l’espoir d’un ressac. Une encre bleu nuit, un bleu profond, sombre et lumineux, un bleu « nocturne ».

Pascale Arguedas

Lire le dossier sur Cécile Wajsbrot.

 

 

 

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