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Le Bûcher des vanités


Éditions Robert Laffont et Livre de poche.

 



Sherman McCoy, fleuron de la jeune aristocratie des boursiers de Wall Street, riche de dettes, mais aussi d'assurance, vit très luxueusement sur Park Avenue. Un soir, en allant chercher sa maîtresse à l'aéroport, il rate la bonne sortie de l'autoroute. Le couple se retrouve perdu dans le Bronx, lieu de toutes les frayeurs new-yorkaises. Lorsqu'ils croient enfin échapper à ce quartier infernal, des pneus et des poubelles leur barrent la route, et deux jeunes noirs s'avancent vers la Mercedes de Sherman. Le couple parvient à s'enfuir en écrasant un des jeunes noirs. À partir de cet instant, tout s'enchaîne dans un tourbillon qui fait monter la tension de page en page : le coma du jeune homme sert d'argument politique à la communauté noire, la police recherche la voiture et remonte jusqu'à Sherman, les médias fondent impitoyablement sur lui, la justice ne sait plus où donner de l'arbitraire, la vie affective et professionnelle de Sherman est pulvérisée, et l'univers dont il se croyait le maître flambe sur le bûcher de toutes les vanités. Graduellement, inexorablement, l'étau se resserre en une lente plongée dans l'autre réalité de New-York, là où se jouent les drames, sans que l'on sache, sauf aux toutes dernières pages, la fin de ce cauchemar américain.

Le Bûcher des vanités, chute impitoyable d'un golden boy, est un classique de la littérature américaine et internationale. Avec une habileté admirable, l'auteur dépeint un pan de la culture new-yorkaise dans sa futilité et sa superficialité. Il excelle lorsqu'il confronte son personnage central à l'injustice aveugle et qu'il l'expose à un monde auquel il n'est pas préparé : celui des perdants, des exploités, des victimes et des vaincus. De Park Avenue aux bas quartiers, Tom Wolfe plonge le lecteur dans l'autre réalité de New York. Une radioscopie féroce de l'Amérique des années Reagan. À la fois peinture d’une société américaine paradoxale, critique du pouvoir des médias, zoom sur les basses ambitions humaines, Le Bûcher des vanités est un roman plein de finesse psychologique. Bref, tout est parfaitement orchestré pour tenir le lecteur en haleine pendant 700 pages.

Pascale Arguedas

 

 

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