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Au bonheur des dames


Éditions Livre de poche

 

Je veux dans Au Bonheur des Dames faire le poème de l'activité moderne.
En un mot, aller avec le siècle, qui est un siècle d'action et de conquêtes,
d'efforts dans tous les sens.
E.Z.

 

« Denise était venue à pied de la gare Saint-Lazare, où un train de Cherbourg l’avait débarquée avec ses deux frères, après une nuit passée sur la dure banquette d’un wagon de troisième classe. Elle tenait par la main Pépé, et Jean la suivait, tous les trois brisés du voyage, effarés et perdus au milieu du vaste Paris, le nez levé sur les maisons, demandant à chaque carrefour la rue de la Michodière, dans laquelle leur oncle Baudu demeurait. Mais, comme elle débouchait enfin sur la place Gaillon, la jeune fille s’arrêta net de surprise. – Oh ! dit-elle, regarde un peu, Jean ! Et ils restèrent plantés, serrés les uns contre les autres, tout en noir, achevant les vieux vêtements du deuil de leur père. Elle, chétive pour ses vingt ans, l’air pauvre, portait un léger paquet ; tandis que, de l’autre côté, le petit frère, âgé de cinq ans, se pendait à son bras, et que, derrière son épaule, le grand frère, dont les seize ans superbes florissaient, était debout, les mains ballantes. – Ah bien ! reprit-elle après un silence, en voilà un magasin ! »

En 1864, au cœur d'un Paris bouleversé par les grands travaux haussmanniens, se dresse le Bonheur des Dames, immense magasin de prêt-à-porter féminin. Ce « temple élevé à la folie dépensière de la mode » signe la naissance du commerce moderne, dans l'élan démocratique des classes moyennes, avec sa frénésie publicitaire, sa loi du progrès, de la concurrence et du profit immédiat. Denise, pauvre vendeuse provinciale échouée dans la capitale avec ses deux frères, est fascinée par cette flamboyante machine à vendre que dirige l'audacieux Octave Mouret. Un innovateur qui a compris les femmes et leur offre un véritable paradis où elles trouvent tout ce dont elles croient avoir besoin, à grand coups de charme. Mais la puissance et la réussite de ce grand magasin tuent les petits commerces du quartier, comme celui de l'oncle de Denise, qui découvre peu à peu la face cachée du lieu et le vrai visage de son séduisant propriétaire.

 

 

 

 

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