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La Terre


Éditions Livre de poche

 

Et la terre seule demeure, l’immortelle,
la mère d’où nous sortons et où nous retournons,
elle qu’on aime jusqu’au crime,
qui refait continuellement de la vie pour son but ignoré,
même avec nos abominations et nos misères.

 

La Terre demeurait l’un des romans les plus lus à la mort d’Émile Zola. Pourtant, à sa parution quinze ans plus tôt, en 1887, il heurta la critique car il brossait aussi complètement que possible un tableau de la campagne et de la paysannerie, décrite comme une sorte d’humanité primitive. Et parce qu’il n’écarta pas les formes les plus vives ni les plus frustes de cette vitalité élémentaire, ce fut un lever de boucliers.

Ce quinzième volume des Rougon-Macquart, qui suit L’Œuvre, est une terrible évocation de la paysannerie du XIXe siècle. La terre est dure mais elle colle aux pieds du laboureur. Il se battra pour en avoir plus. Il se battra pour la protéger de l’ennemi. Il l’aimera plus qu’aucune femme. « À aucune époque, quand il s'était loué chez les autres, il n'avait fouillé la terre d'un labour si profond : elle était à lui, il voulait la pénétrer, la féconder jusqu'au ventre. » Qu’il s’agisse en effet de la terre ou de la sexualité, c’est le désir de possession brutale qui est au cœur de ce roman. Terrible et poignant.

« Ce roman m’épouvante moi-même, car il sera certainement un des plus chargés de matière, dans la simplicité. J’y veux faire tenir tous nos paysans, avec leur histoire, leurs mœurs, leur rôle ; j’y veux poser la question sociale de la propriété ; j’y veux montrer où nous allons, dans cette crise de l’agriculture, si grave en ce moment. Toutes les fois maintenant que j’entreprends une étude, je me heurte au socialisme. Je voudrais faire pour le paysan avec La Terre ce que j’ai fait pour l’ouvrier avec Germinal. Ajoutez que j’entends rester artiste, écrivain, écrire le poème vivant de la terre, les saisons, les travaux des champs, les gens, les bêtes, la campagne entière. Et voilà tout ce que je puis vous dire, car il me faudrait autrement entrer dans des explications qui dépasseraient mon courage. Dites que j’ai l’ambition démesurée de faire tenir toute la vie du paysan dans mon livre, travaux, amours, politique, religion, passé, présent, avenir ; et vous serez dans le vrai.*»

 

 

 

 

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